Pierre de soleil

D’une pierre de soleil
j’avais fait deux coups de lune –
la fontaine tirait des oiseaux
à rebond d’un matin de lin
frais de brioches et d’odeurs de
petits pains sucrés sur la
banquette des boutiques –
le trottoir enfilait ses perles de
passants au pas chaloupé des nuits
blanches où blanche chantait des
airs d’opéra sans petit rat –

le jour pointait comme un gâteau qui
fond entre les doigts l’air était si doux
qu’on aurait pu en pleurer de joie
si ce n’était que vivre appelait
toujours à mourir
un peu plus chaque fois
chaque seconde d’un futur qui
éloignait sa fronde de chaleur
d’un petit pois chaque fois
chaque seconde – la
pompe du coeur
ouvrait son art d’aimer
sans cesse renouvelé –

D’une pierre de soleil
j’avais fait deux coups de lune pas
toute seule évidemment pas de reine sans
un manteau de graines invisible et
abandonné sur le parvis d’un
château de sable –
il pleut parfois des guêpes noires sur
le sol éboulé de l’été
où coudre des bateaux veufs –

le ciel était topaze bleue
je le portais au doigt
et dans chaque bras une lune
empaillée de soleil –
la bière des lumières tenait
haut le verbe des matières
il faisait chaud –
sous ma peau le pouls
d’un arc-en-ciel et
puis l’orage
renaissait à
chaque fois
à chaque
seconde
d’un petit
pois
de sang neuf et
vieux à la fois –
solitaire et
solaire
jusqu’à
naître pas –

 

 

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. « jusqu’à naître pas », magnifique
    Merci

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