Icolonnes

Un décret de solitude avait poussé au mitan de ses
cheveux blancs – définitivement la langue de bois
quittait les lieux – le soleil brossait ses chevaux d’un plat de main
toutes les écailles des étoiles flottaient sur la mer
en icolonnes de sel –
un seul nuage devenait l’innombrable
et soufflait des pensées rondes qui
montaient et s’évanouissaient
en trou saphir – pipe de sioux plume rayée
d’embruns vertébraux
de lianes cavalières –
c’est le moment qu’elle choisit pour partir
sans le dire évidemment
elle resterait un battement de tempe
une brise à la sueur de vitre
un contretemps battu de pluie
juste à l’arrière de ta nuque –

la regardant
personne ne savait l’eau
tombée en anneau ni le renoncement
venu par les
champs oubliés et allés en fruits
d’errance blette – raser la terre
éplucher le verre des formes
prenait la taille des corbeaux-
elle savait tisser la laine des oiseaux
toujours partis par monts et
par vaux – ils avaient emporté
sa mémoire pour mieux voler
pour mieux trahir l’illusion
pour mieux servir l’histoire –

si d’apparence sur ta main se fânait
le lilas
si d’apparence tu hésitais à marcher à
reculons
ta main n’en n’a rien gardé
elle s’échiffre mollement au regard de
la fin où tout est si plat si
fin et si anodin
que passer à côté sent juste le lin –

et puis rien ne chante
que le ver ne puisse
croquer –
et puis rien ne
reste que le chuchotement
d’un drap blême
ici même
l’image effacée –

 

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8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. barbarasoleil dit :

    Tout à fait magnifique, oui…

      1. barbarasoleil dit :

        C’est sincère
        vraiment

  2. Frog dit :

    Ce poème est magnifique. Merci Hélène.

    1. Merci à vous. De tout coeur.

  3. Cyli Breton dit :

    Très chère Wangmo,
    Si vous me permettez ce dire _ qui est cher n’engage que celui qui chérit.
    Cette flottaison à la chevelure blanche qui en temps nous fit au monde
    Ces refaites musicales tournant en cercles rayés , flux de nos mémoires avides de sens comme un
    Nous qui ne pouvons se croire parfois, comme un à vie de l’autre
    Surtout si depuis l’autre nous venons
    En tout cela nous nous côtoyons
    Ces grands oiseaux qui portent nos aimances ouvertes
    Jusqu’à se porter entiers d’amour
    Au-delà des. Illusions
    Le langage père met et se sous met à l’inverse au cœur de soi
    Le lin au drapé du regard
    Se laisse déposséder – oui-
    L’image est face
    Et en cela nous lit au monde.
    La liance s’écrit et nous continue.
    Allons alliés aux cœurs .
    Tendresse.
    Cyli

    1. Quelle belle vague de résonance! Merci Cyli pour ce cygne du coeur en lien d’images et de reconnaissance.

  4. PIERRE dit :

    Collision frontale
    d’une puissance inouïe

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