Foutre en l’air

Bouger frémir
fleurir encore ses doigts d’herbes scalpés  –
offrir l’oxygéné d’un
pissenlit grillé qui chancelle sa
bougie de pétard mouillé entre de
vieux cartons et du bois sec à
la terre qui déraisonne –
un
vrai débarras de missels brisés
de pots jetés cassés – pourquoi tout ce
fatras qui met l’oeil en
prison te demandes-tu
en un éclair de satiété pourquoi
tout ça?

le paradis est maintenant lorsque
l’oiseau te montre comment foutre en
l’air toute saisie par des acrobaties
pleines
d’amour et de libres bretelles
vas-y lance-toi l’espace ouvert est
sans trace et sans loi ce que
tu y écris s’y efface avec
la célérité d’un
éblouissement et
tu peux recommencer –

ce que chantait
mon grand-père auprès de
ma blonde à la claire fontaine sont
restés des sceaux à ma nuque tatouée
alors que je respire le parfum des
rose-thés encore emboutonnées
me vient la liberté de tout voir et
de tout apprécier pour la
gloire de rien –

les morts sont comme la poussière de
grands oiseaux blancs qui se posent de
temps en temps sur l’horizon d’une épaule
et accompagnent nos torses de libellules jusqu’au
diamant des étoiles – tu
chantes encore avec moi au
fraisier des jardins où s’inspire un parfum de
lait bouilli – il n’y a pas d’âge pour
repartir en enfance pour
être une petit-fille assise au
bord du monde qui
regarde son grand-père
bêcher le vent –

chaque matin renaître – aller au bout
sous la rumeur des abeilles inviter des
alliances de campagne qui font débuter
l’été et mener
les bêtes à paître dans des champs presque verts –

respirer un long refrain et
donner la main aux astéroïdes des
câlins si proches et si loin –
donner la main aux
gratitudes contre les talus noirs –

la rive est un
torchon qui brûle
dans la cuisine la déesse du
lavabo est paisible –
elle regarde l’oiseau
lui montrer comment foutre en
l’air ses vermicelles de pensées
au bec du ciel
en l’espace d’un
seul soleil –

merci la nuit –

 

3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. catia adami dit :

    Voilà une poésie du confinement de l’esprit ;0)
    Merci !

    1. Merci Catia de voter pour un confinement infini en poésie 🙂

  2. claudine dit :

    En lisant ce texte, j’entends une belle résonance avec la petite fille que je suis encore dans une partie de moi-même et de mon cher grand-père qui, par moment, me revient chaire.
    Merci Wangmo

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