Pâquerette

alors que s’emballe la pâquerette au
doigt vert et frelonné du vent
le soleil en fable de chou et
de doux caillou te
chuchote un peu de tristesse à
l’oreille
un buisson à tête de chien
à la voracité de fleur
enceint de joyaux clairs
bat la démesure
un scarabée gentiment
posé traverse la chaussée

assise au bord du champ qui
plie la route
j’applique la tendresse
d’une pâquerette sur
la blessure belle qui
s’enveloppe d’un cocon de
soie à soi à la feuille d’une
épaule où mille barrières
font un seul chemin

je reviendrai aux
enclos qui libèrent

l’éventail de ton cou
comme une incommensurable
pensée fleurit la
prairie de grains à
décoction souterraine
où l’ermite en silence
cuve sa joie

la vache accourt
la mouche vrombit seule
l’arbre n’a rien vu
qu’un nid de sable
bomber la cour
tout passe si vite à
peine la porte franchie

y-aura-t-il de l’orage?
peut-être pas
et l’oubli me
vient libre

la pâquerette citronnée et
secrète en crête de reine
j’aime son claquement de doigt
et son épuisette à
tresser des couronnes
aux chignons des
filles à pois

 

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