Assez

en dessous
des lampions
des roseaux
des boîtes à peaux
la cosse cassée d’un haricot

la main au bord d’ouvrir
tente de retenir la
cerise ébène d’un vent délié et
froid

en dire trop
oser être imbécile
sécher sa petite peau d’iris
en
arrière des ronces les
yeux rient oui
un igloo fond et
vagabonde au
coeur du monde

vu du ciel rien de
bancal rien d’illégal rien
à redire aux suicides des
questions
passée l’éponge
les nuages reviennent à
reculons et
font l’avion sur
le papier qui s’écaille

écoute le vent découdre les
boutons de tes yeux et
tout au fond on voit mieux
des marées
d’eau vert bleu avec
des branches de lumière
qui s’accrochent à la vie

un rêve s’est planté dans mon
jardin d’un blanc à fendre
l’ombre et à laisser derrière
des écuelles de songes qui
me suivent à la trace

j’embrasse la divine
et sur le plat de la
fenêtre l’herbe coupée
embaume l’air d’un
miel sucré secret d’avance

je laisse la brique d’un
pourpre enterré
écumer sa mousse de matière
masser les os des pierres
sans aucune réponse

le soir en cendres
vient se frotter
en front et en allié

et tout me va des
ombres déchaussées
à l’appétit silencieux
d’un mur dégarni

et tout me va
et c’est assez

 

 

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