Chaque fois

Après la nuit le soleil ravigote ses fruits un trèfle à cinq feuilles comme un câble au canyon de la chance te cueille au passage les vieilles dépouilles des histoires floquent au vent ce n’était pas à moi ce n’était pas à toi c’était je ne sais pas des radis du désert des roses saccadées…

Poésible

sans avenir et sans passé le chat sur les genoux blotti les yeux kaki ton sur ton avec la pluie offre au coeur à la virgule près des rebonds et des histoires de fleurs où je me suis tenue jadis – allongée dans ce qui n’est pas – un rêve à mettre au monde un…

Touché lâché

Denier de lune sceau au ciel sans prunelle varicelle d’étoiles touché lâché en ville derrière les volets les colzas des lumières d’hiver chantonnent bas ça klaxonne entre deux brassées d’eau l’essuie glace émoussé peine à respirer nuages tout miel que la lune met en scène au coin de la rue de lotus noir le vent…

La sorcière et le chat

Il est une attirance pour le ciel bleu à toucher terre et rendre heureux les yeux levés et bombés d’un jongleur à l’intérieur. La femme au sourire à la métaphore de peigne sort du rêve à la balle d’or comme d’un conte enfantin dont la page tournée tombe à ses genoux de puits. Elle ne…

Jean-Baptiste des pins

Un bout de la page arrachée du ciel a posé pied d’une île lointaine des encres d’oiseaux noires et fines et traversantes ensauvagent les confins d’un regard totalement libre j’ai posé le pied avec toi sur la lune toute proche un bout de la page arrachée du ciel portait la chance en terre et l’inconnu…

Clair de dune

Rien d’autre que la nuit immatérielle et puis ces corps au clair de dune au fond des lits qu’on ne reconnaît pas d’emblée qu’un thé de lumière soulève sans effort et dépose au milieu du salon blondi bouquet de roses au coeur de bleuet la queue du chat frôle de son silence le volet abîmé…

Parmi les nuages

Cercles d’oiseaux où passe et repasse la douceur d’un présent élargi en présence – trilles et fibres de peau pépient jusqu’aux fascias des os à l’écoute des sources – vois les rameaux frottés de feu traverser le vent en plumes d’eau et chanter un deux trois du bout de tes doigts – discrètement dans l’enveloppe…

En tout point compatible

La chambre ne se rappelait plus le sakura des lumières seulement les paupières des rideaux entrouverts sur la baie dépeuplée à l’herbe tondue et verte la soie abandonnée des vents matinaux mourait lorsque la main vide se refermait sur la clé sans allée – le fusible poétique en tout point sensible et compatible au meurtre…

Du temps

Il faut du temps pour ouvrir le ventre des tendresses et en sortir la liasse de genêts blancs et odorants sagement posés sur la table sans ourlet n’en rien attendre que la douceur d’aimant d’un violon aux gammes de velours un délice totalement gratis de désuétude embaume l’air d’une présence à l’incidence belle il faut…

Emballages

Sous le halètement du robinet philosophe le grand ténor fantôme carrelé de rêve mouillait les emballages du corps jusqu’au dernier roseau du petit cheval baleinier de tes cheveux vieux il y a des mots qui ne sortent qu’égoïstement de ta bouche à la douche de papier jauni des sourires édentés et mal soignés jusqu’à l’oncle…

On parlait

On parlait d’allumer un feu comme d’une colère trop vite éteinte on parlait de la trahison de l’eau en toison claire de mots à débusquer un rat d’hiver on parlait avec des sabliers d’images et des sourires aux coins des lèvres et puis la pluie passait et le soleil revenait tiré à quatre épingles au…

Enfantine

Le ciel aux nuages rebondis d’un ventre d’endives blanches et jaunes s’amasse au toit comme s’il poussait une quatrième dimension où sourire et donner de petits baisers à la protubérance pulmonaire de la nuit échouée là sur le cahier ouvert de l’animal pénétrant du coeur ciselé de petites images – petites images dans la grande…