A la vague souveraine

A la commissure d’une pierre posée une poussière de rose se dresse en tresse d’oiseau que le vent balance à l’eau lointaine d’un flot – voir un buisson à la brume d’une épine prendre feu et rendre l’âme en larmes de mystère combien de pas un homme fait-il à la ronde de lui-même avant de…

Sous nos pieds

au pas sensible et cadencé au moindre geste la peau humaine laisse aller des bouts de fièvre des morceaux de terre brune et disséminée à la cheminée du chemin resserré où arriver au bout sous nos pieds les morts semblent de gelée blanche novembre avance sa longue langue sous les arbres de plomb l’accueil est…

Pour guide

Ne prends pour guide qu’un vieux crâne ruisselant d’azur au bord du chemin son col d’herbes est serein sa liberté totale les feuilles des arbres juteuses de sang s’épandent au hasard nomade d’un grand vent – ne pose pas rentre la tête n’attends pas même la non attente encage tel un navet au vinaigre de…

Sans bouger

chaque jour un peu plus effacé par le jour ce qui nous reste sur les bras ou s’en va avec l’arbre déraciné est l’oiseau blessé qui à la nue s’est pendu ce qui ne cesse de s’écouler à travers la lumière prend sans saisir comme tombe un mur de sable glissant entre les cailloux durs…

Au fond de l’eau

le vent ne pouvait rien garder au fond de la pluie sans fond des possibles qui s’échappaient autant de plumes d’os et d’air à la limite de l’oiseau sitôt posé sitôt parti – le jour jetait une pincée de sel en vrac et au fond de l’eau le souvenir du feu qui se souvient qu’il fut…

Sans forme arrêtée

Entre la chaise et le mur il est un pont la ride en creux d’une ouverture en lieu de feu à la poignée d’or d’un visage que dessine un nuage le corps de la fenêtre tremble il est un pont où va la feuille qui se détache la nuit sans faire de bruit très doucement…

Les bons contes

L’autre jour dans le métro, je vois cette phrase me traverser l’esprit : les bons contes font les bons amis et je me dis il faudra que tu écrives quelque chose là dessus. Dans la rame secouée et bruyante je croise quelques synchronicités créatives que j’ai plaisir à écouter – entendre l’appel de ce qui…

Rêvé

La femme teignait ses cheveux de lumière l’homme ouvrait la boite aux marteaux rouges de l’aube l’enfant rissolait d’un soleil avalé de travers par la fenêtre entrebâillée la main caressait le chat blanc de la mort amant autrefois aimé aux yeux d’émeraude et à la table d’orage d’un pas lent au milieu des cosmos la…

Eclipsée

Au fond de la femme éclipsée un diamant d’eau soluble toutes les formes sues et déçues libèrent leurs fluides les structures fondent sous la mer reculant à l’envers du passé quand il  n’y a plus rien reste la joie d’être juste avant la fin le sang buvait le temps au goulot de ciel et de…

Tant sont partis –

La nuit remue des paquets de linge j’ai dû m’en aller la naphtaline affinée au lifté sec d’un drap proprement plié – La mémoire des moments dénaturés en poche je connais tous les horaires des douleurs toutes leurs correspondances et leurs tarifs à quai débraillé – un oignon pousse derrière mes yeux et coule au…

Cheval de mer

Comme un cheval de mer à l’angle des sabots les morts ne reviennent pas à la simple évocation de nos pleurs le crépuscule éventré offre des fleurs de chair ventre à l’air le beurre de la mer salope la terre les fleurs rouges se fendent en deux en biscuit de fortune en dunes délétères en…

Pupille

Marcher dans la neige du soleil aux étreintes de bois cassé et dire encore et encore des serments de poupée impeccablement démise – sous sa pupille criblée d’oeillets la nature si belle porte ses morts la vie ne tient qu’à une main quand tout disparaît au fond de l’océan défait – ce dimanche un peu de…