Réconfort

Elle cousait au compas de son aiguille des chevaux pour des royaumes à venir de gloire et de paix des lignes courbes sans trace et sans poussière que personne ne pourrait suivre seulement à l’intuition d’un rêve au thé choisi – Elle était comme la tortue à entrer le ciel et la terre en son…

Regard

Ni la corde des arbres ossuaires Ni la fleur des peaux au pinceau des meilleures vitalités – Ni le papier fripé des mains à trop de violoncelle ni l’autre des bois ni les jardins aux flans mouillés apparus en une nuit Ni le ventre des galets que l’amour blesse que l’amour soigne – le même…

Avec l’oiseau

A quoi la mort confie la vie là où tu vas tu ne sais pas – le poisson glisse à reculons d’un voile diamanté et rond – le sang pulsé au mollet de tambour s’arc-boute de résonances où le vide fait appel marche encore un peu jusqu’au ruisseau clair et tu verras – au fond…

De sable et de sel

A l’espace infroissé des pensées nulle tension l’onde en active réduction inspire au large l’étrange douceur de l’insoupçonné – le château de sable des certitudes s’est éboulé – l’oeil s’est fermé puis rouvert d’un seul battement clair – avant les mots les choses avant le temps son absence bleue comme un ciel – la dernière…

Flash du jour

la courge entrée en amitié avec le couteau est sortie de sa zone de confort – sérénité tout de même – belle et de bois la cuillère poste un rien de sapin en odeur de sainteté – vite! la soupe brûle – le chat assemble entre ses pattes un oiseau imaginaire qui entre dans sa…

Elles

Il y avait bien longtemps que personne ne s’était assis à leur table avec la frêle virtuosité d’un oiseau – avec un oeil d’orange où goûter la liberté souveraine et douce des acquiescements il y avait bien longtemps que personne ne leur avait rendu la pareille – douceur d’écume d’une soupe à l’eau – un…

Contre sang

tout ce sang du soleil à mon coeur élargi éplageait sous mes pas un sol démesurément carrelé – tout ce sang du soleil de petits pois naissant disait au veilleur blanc de jadis véhéments que désormais plus rien ne s’assemblerait – j’ai jeté le vieil imperméable à la poubelle du vent – j’écoute neige sur…

Perdre son poème

Alors que je démontais le cadavre de l’arbre empesé de lumière la mécanique du jour linéaire fuyait à l’horizon – totale ouverture en tous points azurée où passait le joker des coeurs à l’oiseau dérivé – le chemin grimaçait le monde fondait restait la solitude d’un rêve – peut-être la peinture si résiliente au fond…

A Christine

Ce matin Christine n’est pas là pour offrir un verre d’eau à Patricia, selon le rituel du début des ateliers d’écriture. Le temps de s’installer, de placer les tables et les chaises, de boire un peu, de rire un coup, de sortir les outils qui raconteront les chantiers de nos existences, et voilà qu’on respire…

Icolonnes

Un décret de solitude avait poussé au mitan de ses cheveux blancs – définitivement la langue de bois quittait les lieux – le soleil brossait ses chevaux d’un plat de main toutes les écailles des étoiles flottaient sur la mer en icolonnes de sel – un seul nuage devenait l’innombrable et soufflait des pensées rondes…

A la vague souveraine

A la commissure d’une pierre posée une poussière de rose se dresse en tresse d’oiseau que le vent balance à l’eau lointaine d’un flot – voir un buisson à la brume d’une épine prendre feu et rendre l’âme en larmes de mystère combien de pas un homme fait-il à la ronde de lui-même avant de…

Sous nos pieds

au pas sensible et cadencé au moindre geste la peau humaine laisse aller des bouts de fièvre des morceaux de terre brune et disséminée à la cheminée du chemin resserré où arriver au bout sous nos pieds les morts semblent de gelée blanche novembre avance sa longue langue sous les arbres de plomb l’accueil est…