hybrides

aujourd’hui tout peut apparaîre sur un écran voyez vous même : des nains voisinent avec des bouddhas au magasin ils se donnent la main dans la course à l’être et au néant de drôles d’encens se mêlent à d’insipides ritournelles 100% nain de jardin et 100% bouddha de salon en promotion – quelques trésors ou…

La femme coupée

Dans mon jardin, il y a une femme coupée. Elle est en béton cellulaire. Depuis quelques années elle déménage de ci de là, émerge des ronces, vit sous les fougères, se déplace selon les travaux imprévisibles des habitants de la maison. Et voilà, que ce corps ou ce buste à mi-cuisses retroussé tient comme par…

hélices

s’il te revenait de mémoire le bruit d’un mouchoir tombé à l’effacement sonore d’un chagrin si violent que retenu tu pourrais voir au-dessus des champs inondés les hélices d’un coeur tout entier peler des grains de blé le ciel en hémorragie plisse ses fronts nuageux – il pleut des âmes en bord de cil et…

spleen des parking

Mozart couvre le béton de quelques notes plaquées au minéralogique des numéros pairs plafond bas et dé à coudre des néons espions descendre dans l’orphée des parking n’inspire pas tellement confiance – prendre un ticket en entrée sitôt englouti par le cyclope automatisé qui parfois selon l’endroit dit à haute voix la marche à suivre…

Phasmes

Parfois le corps des vaches ressemble à des pierres des pierres sorties de la terre des pierres serties de chair des mausolées stoïques et fiers les pierres peuvent aussi ressembler aux vaches couchées pattes repliées au bord du fossé amputées à s’y méprendre – frêles patins sans cavalier glissés dans la macédoine des fleurs –…

traces sensibles

langes sonores des oiseaux lavant les carreaux comparés aux fanges des goudrons collant mes chaussures si d’aventure tu t’étonnais – saut du crapaud au visage triangulaire de l’eau – rien n’arrête les rives du O – point de fuite des boutons de haricots sur la table propre du dimanche – la cuisine est une une…

le pain des roses

Se retirer en l’ordinaire – des allées du cimetière on voit le dos d’argent des étangs là bas au loin – se retirer en l’ordinaire – en le simple appareil d’une petite racine qui sèche sur place au soleil de son errance – il y a quelques années l’église a brûlé elle est à présent…

dali des jardins

premiers vers vacillants du printemps – touches claires sorties du chapeau de la terre pour un matin mordu de primevères constance des feuilles aux cuisses d’hiver qui paressent encore en travers du chemin devenant vert et pourtant sonne l’heure de leur démission – quelques foulées d’alouettes se synchronisent aux aisselles du vent des bourgeons s’embouclent…

Que faire d’une brosse poétique?

Que faire d’une brosse poétique est une question essentielle que vous vous êtes déjà sûrement posée à l’occasion d’un asséchement d’aspiration vitale ou d’une perte d’énergie collatérale due à un déménagement neuronal précoce où les mots semblent partis, ont déserté votre vie pour aller voir ailleurs si c’est meilleur. Pas de panique : Il suffit…

reliquaire des ivoires clairs

sous les nuages pleuvaient des colliers de lumière – la toile de jute des routes filait dans ses pointillés aux emmanchures effilées – les autos tamponnaient l’horizon d’un vin de vitesse endiablé – leurs phares de pavot blanc s’hypnotisaient mutuellement – plus ou moins proches d’étiques éoliennes brassaient un vent métaphysique alignées et hautes qu’elles…

zébré

sur le petit tas d’os des sur le petit tas d’os des rongeurs qui a posé sur le petit tas d’os des rongeurs qui rongent a posé des lignes droites sur le petit tas d’os des mensongent qui gigognent a posé un sabot à la crête du stylo – zip entre les doigts – des…

la plume de murakami

Aller coiffer la lune d’un élan de générosité à trois heures du matin – tel un serin d’avant garde au dépôt de la nuit – sans bruit tu te lèves et tu verses des litres d’encre au sang bleu de l’aube – le rébus biographique de ton oeil entrouvert reprend du service – tu te…