Mourir en terre de compassion – à celle qui s’en est allée

IMG_2505Ce matin, nous avons assisté à la cérémonie de crémation de notre amie et soeur du dharma, Michèle Dékyi Lhamo.

Des personnes m’ont demandé les références du texte que j’ai lu en hommage à Michèle.

Ce texte est un arrangement que j’ai fait pour qu’il soit lu dans ces circonstances. Il est extrait du très bel ouvrage de Jigmé Thrinlé Gyatso, L’oiseau rouge et autres écrits, aux éditions de l’Astronome. Je voulais le partager avec vous à travers ce blog. Le voici :

L’encens s’est consumé,
l’offrande à l’espace même s’est mêlée ;
tout est instantanéité, clarté et vacuité,
et pourtant on croirait qu’il y a continuité,
mais rien n’est saisissable dans l’instantanéité.

L’encens s’est consumé,
les mérites sont rassemblés ;
les karmas sont purifiés
les artifices en cendres sont tombés
la sagesse s’est révélée
la compassion s’est mise à rayonner
nuit et jour se sont mêlés
tout est devenu volutes d’égalité

L’encens s’est consumé,
la lumière n’a pourtant pas diminué ;
tout est instantanéité, clarté et vacuité,
et pourtant on croirait qu’il y a continuité,
mais rien n’est saisissable dans l’instantanéité

L’encens s’est consumé
la fumée n’est pas née et ne s’est pas échappée
l’odeur n’est pas venue et n’est pas allée
la méditation n’a pas commencé
et ne s’est pas achevée
les éléments en sont tout équilibrés
la dualité ne s’est jamais enracinée
l’Eveillé ne s’est jamais manifesté

L’encens s’est consumé,
mais il n’y eut jamais d’encens à se consumer ;

l’espace résonne partout
du chant immuable de l’oiseau rouge :
« l’esprit est nulle part
l’esprit est nul temps
partout et dans les trois temps
comme l’eau versée dans l’eau
demeurant sans agir
ici et maintenant
fleur de vacuité »

tout est instantanéité, clarté et vacuité,
et pourtant on croirait qu’il y a continuité,
mais rien n’est saisissable dans l’instantanéité

IMG_1892

Que le rappel de l’impermanence nous aide à mieux aimer
ici et maintenant les êtres, phénomènes transitoires et éphémères
dont la présence peut nous être ôtée en un éclair.
Merci à Michèle d’avoir croisé notre route, d’avoir su tisser des liens
discrets et sûrs à la fois. Merci à Michèle de ces moments partagés
à jamais en notre mémoire. Chaque fois qu’une personne disparaît
sa singulière énergie s’exprime encore en le vaste champ de l’esprit.
Puisses-tu Michèle traverser les bardos en toute quiétude et
renaître en de purs champs de félicité.
La douleur de ta perte sera honorée comme cela
se doit, en témoignant à la fois de notre tristesse et de notre gratitude.
Puisses tu aller ta route. Nous honorons le destin qui a été le tien.
Avec tout notre amour.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. pierre penard dit :

    Insondable instantanéité
    Des êtres composites à l’infini
    Miroir infini
    Il y a tant d’images dans le coeur
    Vie mort vie à l’infini
    L’esprit est
    L’esprit n’est pas
    Même les Bouddhas ne le voit pas
    Au quotidien,parfois c’est bien,
    Parfois,c’est moins bien…
    Telle est la méditation.

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