s’ouvrir à la bienveillance universelle

IMG_2377A Ygrande comme ailleurs le printemps s’est fait désirer. Ciel bas et blanc descendu sur nos polaires. Le froid, le vent et la pluie avec malgré tout quelques éclaircies malicieuses et inconstantes ont ponctué le séjour. Cela ne gâchait rien à la beauté magique de la nature. Le brocolis intense des arbres était là, les fleurs tâchant les herbes de couleurs crues, les oiseaux chantant à tue-tête le bonheur d’être caché. Nous partagions avec eux cette connivence puisque nous aussi nous étions venus ré-enchanter notre esprit.

IMG_1664Sept jours de retraite de méditation, 4 jours de silence, avec un jour de monodiète. Plusieurs sessions de pratique par jour de samatha vipasyana de 7h15 à 21h. Un court enseignement le matin sur la pratique elle-même : comment placer l’esprit, que faire avec les distractions, la détente dans la posture etc. puis une heure de questions réponses en fin de journée. Chacun a pu expérimenter la discipline et la régularité, en respectant son rythme c’est-à-dire en tenant compte de son état de santé. Cela a pu être l’occasion aussi de changer de regard sur la « discipline ». Pour entrer profondément dans la pratique, nous devons nous entraîner. Cet entraînement nécessite un engagement libre et joyeux de notre part. Comme tout engagement à s’entraîner, nous sommes confrontés au caractère concret de l’expérience: des horaires, des obstacles, des lâchetés momentanées. Bienvenue à tout cela, c’est l’opportunité d’intégrer en direct toutes ces difficultés. Alors la discipline au fil des jours est vécue, naturellement, comme un assouplissement du corps et de l’esprit. Lorsque les tensions lâchent, les résistances cèdent la place à la fluidité, à la joie légère de s’asseoir ensemble, au sentiment de liberté. Nous acquérons une habileté à reconnaître ce qui s’élève dans l’esprit, à accueillir sans toutefois favoriser ni brimer les divagations, l’agitation ou les états mentaux qui vont faire surface. Chaque jour, l’esprit devient un peu plus habile à s’ouvrir, à élargir par l’attention d’une conscience sans ego, sans saisie, les qualités d’amitié et de bienveillance naturelle et universelle déjà là.

IMG_1669Pendant cette retraite, nous avons mis l’accent sur ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui nous différencie. Bien sûr chaque personne est singulière. La condition même de l’acceptation de cette singularité est ce qui nous donnera le sentiment d’être libre de notre destinée, que nous pouvons nous faire confiance fondamentalement. A partir de cette acceptation de ce que nous sommes, l’accès à l’universalité se dénoue en un mouvement naturel d’expansion.

L’axe principal de notre retraite a été l’examen des trois racines de mal-être, les trois poisons générés par l’ignorance : l’avidité, l’aversion et l’illusion, leurs dérivés et surtout leurs conséquences pour nous et autrui. Comment la méditation nous aide à reconnaître, à faire face, à accueillir sans nous identifier, sans rejeter ni blâmer ce qui s’élève des conditionnements profonds et inconscients.

IMG_2331Après un temps de retraite, en des lieux propices, de retour chez nous, là où nous sommes, dans le respect de nos choix individuels, nous avons besoin de soutien et d’encouragement. Lorsque nous nous retrouvons le lundi matin seul face au coussin, que deviennent alors nos bonnes résolutions?

Les instructions pour nous aider à pratiquer dans la vie quotidienne est de faire de l’amitié bienveillante, de la bienveillance universelle le coeur d’un rappel essentiel. En effet sans vigilance ni rappel il n’y a aucune continuité ni intégration possible. Voici, pour mémoire, le fil des instructions pour revenir à un coeur ample, vivant comme un soleil, gorgé d’amour comme une belle orange, pleine de vitamines essentielles.

Le matin : un verre d’eau tiède bu doucement, à petites gorgées puis s’asseoir sur son coussin (le chocolat!) et commencer par une formule d’aspiration (refuge traditionnel ou formule des Racines de la présence) puis réciter les souhaits suivants pour développer concrètement la bienveillance :

Puisse-je accueillir ce que je suis tel que je suis, défauts, faiblesses, négativités, difficultés actuelles. (on peut nommer précisément). Puisse-je connaître la santé, la joie et la réussite dans tout ce que j’entreprends. (cela incluant bien évidemment la réussite dans le fait d’être libre des trois poisons racines, source de mal-être).

Puisse-je faire vivre les qualités de courage, de détermination, de patience face aux difficultés inévitables de la vie. Puisse-je devenir le bouddha que je suis.

Moi étant l’objet que nous chérissons le plus, nous commençons par nous-même pour rayonner ensuite et étendre à tous les êtres.

Me rappelant mes liens de parenté avec tous vivants, essentiellement ce qui me permet d ‘être ici et de pratiquer : mes parents,  lignées maternelle et paternelle, on récite dans le même esprit qu’expliqué précédemment :

Puissent mes parents accueillir ce qu’ils sont tels qu’ils sont, leur défauts, faiblesses, négativités et difficultés actuelles. Puissent-ils connaître le bonheur, la joie, la paix, la réussite. Puissent-ils faire vivre les qualités de courage, de détermination, de patience face aux difficultés inévitables de la vie. Puissent-ils être heureux, en paix et en bonne santé.

Puis on étend cette liste ainsi : après soi, ses parents, viennent ses enseignant(e)s et guides spirituels, sa famille actuelle, ses amis, puis ceux avec qui on n’a pas de liens proches ( les plus nombreux!), ses « ennemi(e)s » (ou ce que l’on considère comme tel), puis tout vivant, au-delà de l’humain.

Ces souhaits, nous pouvons les écrire pour apprendre à les réciter comme un texte essentiel au lever puis au coucher. Le sens profond étant intégré, nous pouvons trouver les formules magiques qui sont les nôtres.

IMG_2321Une fois récité, nous pratiquons la présence à l’instant, tel que nous l’avons appris, considérant alors que tout état, même positif, est de ce point de vue une distraction. Puis après 20 à 40 minutes de pratique de la méditation, nous terminons par une courte formule de bienveillance :

puissent tous les êtres être heureux, réengendrant le soleil de la bienveillance qui partant de notre cœur s’étend à tous.

Partant de soi, n’oublions pas de laisser rayonner et d’étendre la bienveillance universelle à tous les êtres, en lien de parenté et de ressemblance universelle dont nous honorons et respectons le destin singulier et fécond.

Prochaine session dans les pas du Bouddha : 15-16 juin à Paris, 22-23 juin à St-Martin-lestra

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