Petites morts

Sais-tu ce qui nous effleure de son aile?
pensée naissante à cet endroit qu’on ne voit jamais où
vivre en paix – comment s’aimer se détestant si violemment?

La pensée veille sur elle-même
d’abord l’eau ensuite l’eau
comment sortir du temps qui n’existe pas?

Perdus d’avance les yeux sont des plumes
suspendues à la cave du ciel –
point mort à l’immobilité du vent –

Il y avait dans tes muscles des poussées d’images
qui crevaient ta peau d’un anneau sage
l’ange est reparti ébaubi –

Il me plaît de veiller l’orage
l’onde rentre dans l’onde
à l’aura du mien ton visage se violette de blanc – peur ou tendresse? –

Peut-on nommer chaque chose du jour
qui ferait reculer la mort?
quoi par exemple? non pas ça! –

Tu serais douce douce et douce encore
une aisselle de pigeon et j’irais dessous
où certains soirs la mort m’embrasse –

Parfois on se voit dans des miroirs d’enfance
des greniers poudrés d’insectes morts
quelques lettres traînent encore –
à terre une armoire et dedans un monstre à la
tête coupée devenu clown –

En rien je ne suis pauvre
je suis riche et cette richesse est ma réelle pauvreté –

Là où tu penses que je suis je ne suis pas
j’ermite les jugements je saute à pieds joints dans la vague
aimer est ma nature en rien je ne la renie –

Un fruit bâille dans la soucoupe
il n’attend pas la bouche qui pourtant le mangera –
ce qui vient à pas de loup au fond du silence qu’en dis-tu?

Ici tu n’es pas venu
là-bas tu n’es pas allé
seul le métronome de l’ego battait la mesure –

Je n’aime pas le contact de la serpillière pleine
d’eau frisée et froide – aujourd’hui il pleut!
au fond les cieux sont de sales chiens mouillés –

J’offrais à la mort un café de mon cru
quelques os malmenés quelques coeurs blessés
au sucre noir de la terre d’ici qui m’apprécie –

Je suis la trace des souffrances que tu laisses derrière
toi – s’échouer sur un sable d’eau potable est-il possible? –
ta peau est un pont ta peau est un pont que l’horizon déchire –

Le caveau lavé de l’évier éclaire ton visage
si beau à la frange du matin
que j’en oubliais l’écho –

Perdre encore tout jusqu’au dénuement même
l’oiseau a emporté le sens et
je neige de silence –

Dans quoi te regardes-tu?
un miroir de claires bandelettes aux chaînettes
disloquées qui s’entrechoquent – souris!

La mort parlait son langage de poussières
d’épluchures de choses abandonnées entassées oubliées
et en toi se levait le couperet du désaccord – et oui –

Le frigo faisait semblant les couverts faisaient semblants
la chaise faisait semblant l’assiette faisait semblant
et moi aussi je ressemblais au temps qui s’en va –

Le fer à repasser vivait sans moi la nuit je
l’entendais qui respirait qui haletait pour un maillot
tombé pour un bras de chemise évidé – ménopause-toi!

La poussière recouvrait tous les livres déjà morts
depuis bien longtemps ils revivaient à chaque fois la
longue litanie des mains qui voulaient leur donner vie – lâche! –

Au début on pense que c’est la souffrance qui réveille
et puis on sait d’évidence que c’est toujours l’amour qui tient
en éveil l’amour des choses qui se font et toujours se défont –

La nuit ressemblait à un grand pull over qui se
détricote à la rapidité d’un train qui file à travers la campagne ou
peut-être était-ce le jour – où est la différence?

Tous ces morceaux de vie éparpillés qui ne tiennent plus ensemble
qui voguent à la surface de tes yeux que vas-tu en faire?
des amis qui libèrent à tout jamais –

Le coeur rechigne aux basses besognes le coeur sait que ce qui
baigne dans la clarté ne peut jamais se voir à l’endroit même où
on le cherche – le coeur sait sa seule direction –

Le coeur éteindra sa lueur et
l’aube la reprendra – alors que je m’en irai refermant la porte
le vent giflera ta peau d’un remarquable accueil et jamais tu
ne m’oublieras –

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. xab0003 dit :

    La lune roulait sur l’horizon
    était-ce un bateau ou un train
    les flammes en ont la mémoire
    ou peut-être était-ce un avion
    le ciel le sait
    qu’importe c’est le même rêve partout
    un bouquet d’images
    qu’il convient de regarder à la fenêtre
    la corde tendue à la juste tension
    l’enfer mordant tenait dans sa main une fleur de paradis
    qui le transfigurait
    la clôture électrique ne semblait pas intimider la vie
    la vie dépasse les images
    la lune roulait sur l’horizon
    le temps d’une reliaison spontanée
    le temps d’une saison qui effleure des trames enlacées
    de fleurs déchirées perdues dans la brume
    qui s’épanouissent au fond de la nuit
    il fait soudain très jour comme au point du jour
    il y a longtemps que je t’aime jamais je…
    imagine la magie
    l’image ne te renie pas
    elle te fait reine

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