Tant sont partis –

La nuit remue des paquets de
linge j’ai dû m’en aller
la naphtaline affinée au lifté sec
d’un drap proprement plié –
La mémoire des moments dénaturés en
poche je connais tous les horaires
des douleurs toutes leurs correspondances et
leurs tarifs à
quai débraillé –

un oignon pousse derrière mes yeux
et coule au fond de la baignoire résiliente
il fait chaud
l’été cuivré orchestre des
galets entrechoqués et
poplités de
bleu marine qui tache
les prés de
blé et de blond –

l’ouverture précède les écrous
une femme entre dans l’écorce
d’un arbre aussi
naturellement qu’on sort
d’un ventre – elle s’est mise en boule
comme une colère à la peau desséchée
a pleuré inondé la terre
de ses roses internes
un tigre de toute
majesté
s’est levé
blanc à la crinière de
lumière il est venu vers
elle sur un chemin de
regret éternel
griffer l’âme sans
réconfort
et tous deux ensemble
sont partis délivrés –

la bouteille à
la mer était vide
et personne n’a vu
le sang d’encre
poulper l’eau d’un
noir à
L’ivoire retenu –
et personne n’a entendu
le cri traversant
l’air d’un graillon minéral –

Tant sont partis
sans jamais revenir
vers des îles à l’haleine
de mort vers des
christ en chaussettes d’aurore –

tous connaissaient les
horaires des douleurs –
la bouche au pied coupé
rêvait de berceau et
de tendre repos à
la clé d’hirondelle –

et là bas ensemble
la femme et le tigre
sont partis délivrés
à jamais du passé –

 

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. CATIA dit :

    Pouououou touchée en plein coeur………

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