Le joyau du conte

« Des petits morceaux d’une pierre précieuse éclatée éparpillée dans l’herbe » est la jolie métaphore que les frères Grimm employaient au sujet des contes. Par leurs recherches et leurs publications, ils ont donné aux contes leur statut de genre littéraire, ils en ont montré la valeur et l’intérêt. A l’exception de la France, leur exemple sera suivi un peu partout en Europe où chaque pays souhaite avoir son recueil d’histoires. Bien sûr même si l’on essaie de définir et de trouver des outils de classification du conte, les nombreuses versions et variantes montrent l’inépuisable fécondité de ces histoires dont la vertu première est de toujours inciter à raconter, à inventer. De par sa nature même le conte reste vivant car il évolue, se transforme au gré des passeurs et des auditeurs.

Les contes sont le bien de tous, ils véhiculent par leur sobriété expressive la beauté de simples secrets dont l’évidence est cachée dans cette simplicité même. Par exemple de nombreuses images parlent directement : la chevelure d’or, le miroir, la forêt, la cheminée, le chasseur, la fontaine, le sang, la clé etc. et en même temps résonnent à des niveaux plus archaïques, en de-ça même des explications que l’on pourrait en donner. Ces objets que l’on trouve dans les contes merveilleux sont autant de formes agissantes sur notre psyché, nous ouvrant à un monde médian fondamentalement poétique. La réduction morale ou l’interprétation psychologique des contes sont un pâle aspect de leur puissance évocatrice. Certains conteurs répugnent ainsi à déflorer le conte par une quelconque interprétation.

Dans le travail en atelier des racines de la présence, le conte vient nous chercher et parfois nous déranger dans nos visions étroites et dépourvues de vitalité. Certaines personnes sont gênées par un langage qu’elles jugent enfantin et n’y voient rien d’autre qu’un amusement puéril et sans conséquence. Pourtant lorsque nous abordons les clés qui nous ouvrent le royaume du conte, sa dimension sacrée, nous commençons à percevoir cette simplicité comme complicité et à nous intéresser avec un regard différent à cette étrangeté du conte, de même nous devenons sensible à leur pouvoir de nous transformer.

Fresque murale dans le quartier mission street de San Francisco – souvenir collecté l’été 2010
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