agir au meilleur de soi

Snapseed_14Dans les ateliers des Racines de la Présence, nous orientons nos recherches sur la connaissance de nous-même à partir des contes de fée. Mieux se connaître pour raviver l’engagement à agir, en résonance avec nos dons, qualités et talents. Les contes de fées ou contes merveilleux sont ceux où le merveilleux précisément, loin de jeter de la poudre aux yeux, nous révèlent que la vie vaut la peine d’être vécue. Comme lorsque l’on s’exclame, à propos de coïncidences heureuses ou d’événements inattendus et favorables au vent de notre vaisseau : c’est merveilleux! la vie prend alors sens dans le rassemblement du coeur qui nous laisse suspendu à l’instant, ravi de ne plus ressentir la séparation, la dualité d’avec le monde. Nous pressentons alors que la vie devrait être vécue ainsi, comme un don. Pourquoi est-ce si rare, pourquoi perdons nous cette capacité de nous émerveiller du meilleur ? Lorsqu’un enfant naît nous sommes attendris par ce potentiel inestimable qui vient au monde. Lorsqu’un être cher meurt, nous témoignons de sa beauté, de ses qualités, des moments heureux vécus ensemble. Nous oublions la marque de sa voiture, le montant de son compte en banque. Ce n’est pas là l’essentiel, ce que nous retenons est ce qui reste quand tout a été perdu, la richesse inépuisable du coeur. Là aussi nous rendons hommage à la vie, à la présence de l’autre comme don, à ses qualités. Pourquoi faut-il attendre la mort pour devenir soudain estimable et sans défauts? la vie nous a été donnée, nous l’avons reçue, même si la plupart du temps nous refusons ce don parce qu’il est mêlé aux blessures des évènements de notre histoire. Nous confondons ainsi deux niveaux, l’essentiel : nous avons reçu la vie; et ce qui l’est moins car venant nécessairement se superposer, l’histoire qui se construit autour  de déceptions, de reproches, de ressentiments. Elle se confond avec l’existence douloureuse, insatisfaisante  à laquelle nous rajoutons nos scénarios.  Ces scénarios ont leurs répliques récurrentes, surtout dès qu’une difficulté se présente ou semble insurmontable :  je ne veux pas de cette vie qui n’est que souffrances, il n’y a qu’à moi que cela arrive, c’est toujours la même galère, je n’ai pas choisi de vivre etc. Ces interprétations se révèlent pertinentes à déceler et accroissent notre lucidité, notre capacité à reconnaître les « petites voix intérieures », « la poupée ventriloque », « l’assemblée générale en plein vote » , le « coin coin désobligeant qui ramène toujours sa fraise ». Simplement il s’agit de ne pas se laisser aller à la confusion des jugements impitoyables. Nos parents ont eux aussi été des enfants subissant l’influence familiale et ancestrale, brisant parfois des élans, des rêves, réduisant à l’impuissance les velléités d’authenticité ou manipulant les relations pour se rassurer eux-mêmes. La plupart des grandes personnes restent des enfants blessés, inconscients de l’être, agissant à partir de cette immaturité émotionnelle. Les histoires racontées dans la mémoire du groupe, pendant les ateliers,  permettent aussi de créer une matrice de bienveillance inconditionnelle où chacun entend et reconnaît l’autre dans l’expression de sa souffrance. Entendre pour ne plus y rester, pour faire un pas en avant, en dehors, de côté, pour se déplacer et plus librement choisir sa place. A partir de là nous pouvons nous questionner à vif:  que suis-je avant toute histoire ? Une fois que nous avons consenti à traverser nos histoires, nous devenons disponible pour explorer d’autres dimensions, celle de l’expérience immédiate à laquelle nous introduit la méditation.

Les contes sont miroir de notre histoire. Notre histoire est miroir de notre esprit. Notre esprit reflète les histoires de celles et ceux qui nous ont précédés, les legs et héritages reçus, consciemment et inconsciemment. Les rejets, exclusions, abandons, trahisons, violences, suicides, morts, événements collectifs comme les guerres, les crises économiques, les valeurs sociales d’une époque sont le contexte de l’histoire, de la petite au sein de la grande qui peut elle aussi être traumatisante.

Dessin d'Hanaé Lémery
Dessin d’Hanaé Lémery

Les contes nous permettent de faire l’état des lieux du royaume, le nôtre, et de se demander justement ce qu’il manque à ce royaume pour qu’il y ait plus de dynamisme, d’équilibre, de vie.  Nous ne pouvons en rester aux blessures.  Dans nos manques, il y a aussi un appel à la richesse, à la plénitude. Nous pouvons apprendre à entrer dans notre histoire du côté du simplet, de l’idiot, du cadet, de l’innocent dont la valeur met souvent du temps pour être reconnue.  Retrouver la joie pure  des rêves et des souhaits du meilleur de nous-même, délaissés, endormis ou ignorés, enfouis sous le conformisme ambiant. Raconter son histoire et, à travers celle-ci, découvrir la possibilité de reconnecter des liens, de questionner à neuf sa place, de revisiter des zones sombres  ou inconnues. Ce voyage de héros libère des mémoires émotionnelles, les transforment en énergies à disposition du meilleur de soi, pour peu que l’on veuille bien se délester de ses vantardises d’incapacité, auxquelles malheureusement on croit plus qu’au meilleur de soi-même. En retraçant notre histoire nous voyons que nous pouvons changer le regard que nous avons sur elle. Nous ne pouvons refaire le passé mais nous pouvons cesser d’y rester accroché pour avancer dans la vie actuelle. Avancer, aller de l’avant est un mouvement, une croisée des chemins, une nouvelle direction, une aisance actuelle corporelle, psychique, émotionnelle. Il appartient à chacun d’en définir les modalités, en fonction justement de ses aspirations sincères et de la vérité de son coeur. Nous ne pouvons démissionner de notre liberté, personne ne peut en fin de conte 😉 décider à notre place. C’est ce qui fait de nous des héros : nous devons assumer la liberté d’être, de faire des choix, d’agir.

La voie du héros, ou du chevalier si l’on veut raviver notre imagination (il peut être bien entendu, contrairement aux idées reçues féminin ou masculin) est le courage de se relier au meilleur de son coeur et de le suivre. Ce qui demande de sortir de ses lâchetés, du confort de la médiocrité, de la dépression collective pour trouver des armes qui nous soutiennent, c’est-à-dire nous donnent confiance, développent un sens de la confiance. Ces armes sont tout ce qui nous rappelle notre dignité, les valeurs de notre coeur au service de la vie ou de l’amour, comme de porter une écharpe, un bijou, un parfum ou un joli stylo si l’on aime écrire, pourquoi pas un ordinateur si c’est là l’arme de notre présence au monde digne et responsable, etc. Tout ce qui peut nous élever quand tant de choses nous poussent à démissionner d’être humain. La voie du guerrier ordinaire que nous sommes, comme l’a rappelé Chögyam Trungpa, est une tradition primordiale au-delà de toute religion. Dans de nombreuses sociétés et cultures, on retrouve cet idéal de l’art chevaleresque. Le héros est celui qui protège ce qu’il y a de plus précieux en lui-même et en chacun. Il est aussi celui qui peut rétablir l’équilibre par la justesse de son épée d’intelligence et d’amour. Ainsi le rappel d’une devise peut être l’arme qui pourfend l’habitude du mental à s’engouffrer dans la négativité. Bien appliquée la devise de son coeur est une arme puissante. Je vous propose de trouver vous-même votre arme de héros d’aujourd’hui dans la vie d’un occidental du 21ème siècle, celle qui vous met en contact avec un sens de la confiance, de la dignité, de la présence. Nous avons déjà tous fait inconsciemment cette expérience. Nous sentir soutenu par de petits détails qui nous sont propres et nous permettent d’entrer en relation avec le monde à partir de ce sentiment de dignité fondamentale. Qu’est-ce pour vous? Quelle serait votre devise, celle qui résume l’essence de votre coeur, le mouvement de votre âme, dont le rappel vous procure force et vigueur?

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