Paris sous la neige

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La veille quand je suis arrivée tout était normal. Le lendemain dans l’après midi voilà que quelques flocons se mettent à tourbillonner. Rien de bien sérieux sur le moment. Et puis comme l’on dit si bien, les flocons finissent par faire boule de neige, d’ailleurs certains s’en donnent à coeur joie. Cette joie du coeur dans la boule de neige fait mouche, des sourires, des rires fusent et s’échangent.La magie de la blanche opère, tout prend une autre dimension, un nouvel espace, un nouveau temps, nous changeons de planète, nous en espérons une où les foyers soient doux et chaleureux, où l’âme de chacun puisse se promener sur les toits, comme les chats, les pigeons et les funambules. Le visage d’ E.T flotte un instant sur les traits d’un passant. Je souris à l’évocation de la pèlerine blanche du Père Noël encapuchonnant le visage de l’extra-terrestre, vraiment extra.

La neige me touche, un flocon hiéroglyphe sous le pas crisse, le papier blanc froissé mouillé du sphynx au crachin frais dégouline le long de la pyramide bleutée. Léa marche, son bonnet de lutin, son manteau vert sapin, tel un petit scarabée qui a perdu son louvre. Je sors l’appareil photo, qui ne demande qu’à engloutir ces morceaux de temps glacés. Tu te rappelles quand il neigeait à Paris, c’était quand déjà? tu avais déjà vu neiger à Paris?

Puis nous allons au paradis du fruit nous rassasier d’un grand verre de fruits fraîchement pressés. Nous avons soif, est-ce la neige, est-ce la nuit qui s’installe, est-ce le manque de vitamines? de là nous voyons les passants se hâter sur les trottoirs, remonter le col de leurs manteaux, faire attention à ne pas glisser. Les autos sont au pas. Les toits, les lumières du soir, l’averse des farines adamantines bouleversent le regard. Nous restons suspendues, en silence, à regarder l’éternité tombée du ciel.

Dans l’entrée de l’immeuble il y a de gros pots d’arbustes dont l’un avec des boules d’un rouge écarlate, avenant, tel le sang de la reine qui enfanta blanche-neige. Ce contraste du rouge et du blanc est de toute beauté. Des coulées de mémoires enfantines se glissent dans mon oeil, elles surgissent de l’intensité de cet éclat immédiat, du saisissement de la réalité qui vous saute au visage.

Le couteau blanc de la neige fendille les bambous,
à Paris, blanche neige s’est cachée au fond d’une baie rouge,
dans la crique de la cour, le roi se meurt de n’en rien savoir, rue gît le coeur,
le miroir de la reine s’est brisé sur la terre en mille éclats de lune.
Sous le reverbère, tout est moins clair.
Un bruit de verres puis plus rien.
Du puits céleste de la nuit, il pleut des miettes de pommes empoisonnées.
Heureusement la neige efface toutes les preuves, toutes les traces
tout est neuf à nouveau, en surface, vierge et mallarmé.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. penard pierre dit :

    Comprennons la poésie d’un maître authentique.
    Je ne flatte personne bien-sûr.
    Une poésie bien armée qui va au plus profond du coeur…
    Ultime flèche bienveillante qu’elle fait peur aux institutions poussièreuses!!!

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