Quelques miettes de vacuité…

Quelques miettes de vacuité dans le thé clair du matin ont rendu à l’instant sa simplissime sérénité. Comme le bol devenu réceptacle, en creux de G, l’intériorité s’est lavée de sa croyance en l’existence lénifiée et paraphée d’une funeste destinée. D’où je viens? Où je vais? quelques trous d’air dans les certitudes aèrent les poumons encrassés par le temps militaire, les heures se démusèlent, l’oeil traverse le miroir et jette un regard à l’absence d’histoire. Tous les prisonniers et tous les ennemis ont été libérés dans la méditation où ils se sont relaxés. Pourtant les pensées ont leurs habitudes, elles cadenassent les champêtres vergers d’une main de fer, exigent leur cirage d’émotions, leur rançon de peplum, assises dans les chaussons au pied du lit, plus éveillées que nous même.

Quelques miettes de vacuité dans le thé clair du matin ont eu raison de la faucille des aiguilles qui martèlent les talons d’un fer sonore et autoritaire. Les chevaux de l’esprit rêvent de galop, de lâcher du lest à l’ouest, comme les bulles de savon qui partent sans trop savoir où elles vont et rient de bonheur, de savourer leur liberté d’être, sans regrets et sans fausse pudeur.

Quelques miettes de vacuité dans le thé clair du matin ont remis toute chose à leur place. Le jour givré fait détaler les lapins sur le revers de ma main. La porte de la maison s’ouvre à la tendresse naturelle du règne animal avec lequel nous partageons un horizon d’incertitudes et de présence. La voiture fume furibonde, attendant ses passagers et leur départ. L’heure a sonné de l’au revoir jusqu’au soir. Les pop corn des nuages dessinent des présages de pluie ou peut-être pas et se mêlent au brouhaha des écoliers qui traversent la route.

Dans la cuisine, j’ai retrouvé le blanc lavabo et le mont créatif de ses gisants d’assiettes, brillantes d’un oui si ordinaire qu’il en était extraordinaire. L’extase des matières, le satori des regards, la profondeur des placards n’ont de cesse que de nous livrer à la vacuité des apparences, à la clarté des errances, à l’absence de souffrance. Dans la cuisine, j’ai nettoyé la nappe dont les tâches dissoutes ont laissé paraître les couleurs originelles de départ. La fin est comme le début.

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