voici que

en mourant le sage éternue et voici que la rose bleue de froid se momifie d’une beauté rare et indélébile – figé dans des marbres friables le temps suspend son haleine – quelques pétales de glace à croquer des yeux – toute vie est au fond chaotique seule l’illusion semble ordonnée – le pouls de l’horloge ralentit en ces journées de janvier qui vident nos cornes d’abondance – il est plus difficile d’espérer il est plus difficile de mentir il est plus fragile d’exister – nos visages manifestent leurs cendres de yogi sous leurs angoisses de citadins – laissons paraître le vermillon de nos yeux fixant l’absence – rien n’est plus sain que la vacuité d’arrogance –

l’écume de brume sur la pierre intensifie le désordre du coeur qui éclate en amour fou – laisser sortir la lumière sans précipitation – voici que l’or de la rose bleuie de froid empourpre les joues de mon cahier – vernis d’étoiles d’avant que tout commence qu’y avait-il? demande le sage à l’enfant qui sourit

la nuit masque le jour d’un loup à rebrousse-poil – il fait froid mets ton manteau tes chaussettes ne sors pas sans tes gants –  vivre au rythme naturel de la perte qu’enseigne l’hiver – voici que la petite veilleuse de l’âme remonte son blouson d’eau claire – souffler entre les braises de ses orteils devant le feu ardent qui crie de joie – ça sent la soupe de haricots le fumé de hareng la pomme de terre en peau des champs – même si toute vie est au fond chaotique et que seule l’illusion semble ordonnée goûtons la rosée dérisoire frêle et éphémère de ce qui est toujours prêt à refleurir –

facilement un petit bouton de rose appuie sur l’astre humide de ta gorge – mémoire de la forge étincelante des étés – éros endormi mais encore visible sous la glace – n’oublie pas que son arc a le cinglant des épines – humour du vent qui ne dérobe plus rien à la matière et t’oblige à une lente descente – tu confrontes tes poumons au coussin de multiples patiences – tu n’as pas celle du chat et pourtant tu n’es pas pressé de bouger -allons encore au jardin voir la rose altière sucrée de vermillon seulement si tu mets tes bottes de yéti –

rentrer du bois sans mettre d’échardes sous l’ongle impatient et distrait requiert une totale abnégation – l’oiseau ventre à l’air trône sur le piquet droit insouciant du bruit des bûches qu’on entasse – ferme la porte – la maison a une odeur d’encens sui s’épand sur les murs roses – en perte pure donner le meilleur de soi à ce qui ne sera jamais obtenu –

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Nathalie Boyer dit :

    Merci pour ces textes magnifiques.

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