vacance

Nous sommes et ne sommes pas – coémergence des petits bouts de chair éphémère en habits de lumière ignorée –

emmaillotées dans leurs racines de sisal les petites âmes chutent dans les mondes traversent aussi bien les ténèbres que les gaités des univers et surtout se meuvent dans l’eau claire de leur invisibilité –

dans le fleuve des labyrinthes au sang de minotaure elles oublient leur manteau de jardin vert et commencent à se teinter de diaphanes cellules aux organes attenant –

nous sommes et ne sommes pas – copeaux de violettes qui épandent leur sang dans le champ visuel du futur – ce qui se trame à la mort d’un joyau est l’explosion d’autres étoiles – et dans ces autres étoiles encore l’explosion d’autres étoiles – et tu sais au fond de toi la vérité et l’imposture de celle qu’on ne nomme pas –

le fuseau horaire de tes projets sans arrêt se décale – nous sommes et ne sommes pas la dimension infinie d’un temps aboli – ce qui influe sur toi tu n’en as aucune idée tant la toile vivante est l’oeuvre de géants de titans et de chaos incandescents – à chaque minute l’ordre culbute –

des mondes dans des mondes jouent la partition du présent –

cependant sur la terre le noeud à la cravate de ton ego serre et t’oblige à souhaiter la libération immédiate de ta respiration – un ancêtre pleure dans un coin de ta tête sans que tu le saches il se mêle à tes larmes il veut lui aussi lâcher ses troupeaux de douleur et aller paître dans le champs paisible de l’aurore –

tu inspires – le diaphragme secoué ébroue ses fleurs mouillées le feu couve sous la rate enchantée – la lymphe distribue ses aloe de miel – tu expires – un arbre en toi étoile ses racines des pieds à la tête ton coeur saute dans l’inconnu avec l’innocence d’un agneau tu sais que tu n’es pas si prévisible – que tu peux sur le champ te retourner et voir la vacuité sans risque de t’effondrer –

des glaïeuls d’aïeuls font de beaux bouquets au cimetière où tu vas recueillir ta propre essence – merci et adieu – adieu au passé aux épingles qui retiennent les robes aux arômes entêtants qui glissent sur les draps de ta main aux clavicules immobilisées sous leurs clés rouillées –

Nous sommes et ne sommes pas – coémergence des petits bouts de chair éphémère – n’oublie pas la clarté simple à jamais amie du plus sombre écho –

vois – quelques perles de lumière pendent au caraïbe de l’ego – vacance –

 

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. nboyer7 dit :

    Chère Wangmo,

    Ce texte est magnifique. Il me parle profondément.

    Bises d’une Argelésienne très absente physiquement mais jamais en pensée.

    Nathalie Boyer 15 Chemin Saint Pierre 66700 Argelès sur mer 06 19 64 85 26

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