Monter à cru

le

Prendre en photo l’intrépidité d’un oiseau – coeur par dessus tête – rock des flammes au coin du feu – se faire vieux et monter à cru l’esprit indocile et têtu –

la neige manque comme manque à l’absence la plénitude du vent – transparence liquide des miroirs alités – qu’est-il donc arrivé aux reflets disparus ? –

Femme-volûte enivrée du velours de la nuit jamais tu ne baisses les bras quand le jour désavoue le pollen de ta couche – la mer en ton sein chaviré est un bûcher d’équité – ta bouche à l’épine de roses épand son haleine de sagesse sur les choses – éclore à l’anonymat du matin se fait encore –

la mouche crochète le crépon d’un jupon ravagé de miettes – l’enfant vole quelques rêves à la marelle des bois un deux trois et puis quoi ? –

la lune en lino gris où danse la basket d’un nuage annonce un songe sans clé un tableau sans maître un pied sans soulier un cavalier sans prophétie de victoire – que dire à l’orage qui joue avec les origamis d’éclairs ? –

l’autre jour il faisait nuit en plein midi – à peine avais-tu quitté la pièce qu’une clavicule de lumière traversait la fenêtre – l’azur était gauche sans son kimono entrouvert –

chevaucher la vague imprévisible d’un instant sans origine alors que la beauté du monde saute aux yeux – le petit ruisseau coule et babille de cailloux – monter à cru quelques vers et semer des notes dans la flotte inopinée du jardin – et peut-être à demain –

 

 

 

 

 

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