Brou de noix

tu étais sale et calcinée le papier d’arménie de ta peau cherchait l’amant au pot-au-feu de la nuit – bouillon des âmes le pêcheur sort son épuisette et filtre les morceaux – l’opérette est en braille –

tu lançais des sos à la mer aveugle du quotidien – l’ange cousu à la poche de ton tablier faisait ce qu’il pouvait pour t’aider à mélanger les ingrédients de l’amour – où était cette fichue pincée qui changeait tout? –

tes robes trempaient dans un brou de noix hâlé – allais tu chevaucher un coq pour cause de retraite anticipée du coeur? non bien sûr ton oeil de flamand rose s’attardait sur les hiéroglyphes des miettes gisant sur la table non débarrassée – un signe? un oracle? une prophétie?

une manne allait bientôt tomber en sirop de sucre et de miel – prends ton panier et va sur la route – ce n’est pas en restant assis qu’on trouve de quoi faire une tarte –

Brou de noix tu t’appelles tu es sale et calcinée et le papier d’arménie de ta peau cherche l’amant au pot-au-feu de la nuit – lisse tes cheveux attends l’ondine qui zieute tes chaussons mais ne lui donne pas la clé de l’entrée – peigne ta destinée de quelques souhaits tartine et tue les mouches qui volent ta crème d’un prompt coup de torchon – les mythes revisités fais tes contes – alors combien de sourires te reste-t-il avant que tu ne sois en blettes?

je sais le piano joue tout seul et faux – quelques asticots ont sucé son vieux bois – les mamelles ne sont pas éternelles dit la belle insomniaque –

luis mariano sort son bouquet de violettes et l’offre à la vierge du vent –  tu dis que cela ne te fait rien et pourtant tu sursautes à un rien de pomme et d’aboiement -n’écoute pas les ragots des souillons tâtillons – mets quelques fèves dans la soupe du héros obstiné –

il fait nuit – autour du noyer la shaman du foyer lève des lièvres alors que son oeil d’épervier s’agenouille – tu rêves que près de toi il y a des jardins – sous tes pas la chair blanche des noix joue un air inconnu – il ne tient qu’à toi de l’entendre – laisse les violettes des étoiles pénétrer en ton coeur de lotus – il n’y a pas trente-six chemins il y en a mille dix mille cent mille qui sait de quel univers tu seras la souveraine – toi seule le sait sans le savoir – ainsi vont les histoires dit le pêcheur écumant la plage de son épuisette enchantée – il y a toujours quelque chose à laisser à remettre à la mer pour que le trésor cherché nous apparaisse – qui sait ce qu’il sera? peut-être tout autre chose que ce que tu pleures aujourd’hui –

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. nboyer7 dit :

    Très très beau et inspirant !

    Bises

    Nathalie Boyer 15 Chemin Saint Pierre 66700 Argelès-sur-Mer 06 19 64 85 26

    >

  2. Catia dit :

    « Brou de noix » l’origine de tous les contes, non ?…..

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