reliquaire des ivoires clairs

sous les nuages pleuvaient des colliers de lumière – la toile de jute des routes filait dans ses pointillés aux emmanchures effilées – les autos tamponnaient l’horizon d’un vin de vitesse endiablé – leurs phares de pavot blanc s’hypnotisaient mutuellement –

plus ou moins proches d’étiques éoliennes brassaient un vent métaphysique alignées et hautes qu’elles étaient dans le fuseau unijambe de leur drone blanc et métallique –

les ivoires clairs des passants à la robe de papier de chair et de sang mouillés tâchaient la terre de petits points luminescents courant dans tous les sens –

au débotté du paysage défilent de verts sapins aux bras cossus qui couvrent et couvent de jeunes bouleaux maigrichons –

tu allais toi te promenant déjeuner sur l’herbe des félicités –

tu avais envie d’avoir plus de souffle en le corps trop désert du quotidien – tu cherchais à voler la muse et peut-être même à lui dérober son oeuf jaune et magique – la chance te sourit de tomber sur une craie de feu et de te lever braise – alors le monde se montra autrement à ton approche – son reliquaire s’ouvrit et tu vis à l’intérieur d’autres reliquaires livrer leur contenant de glaneuses et d’escarbilles – la surprise était de taille –

lorsque tu t’arrêtas à l’aire des fantômes tu discernas tout de suite et à première vue l’ivoire clair et précoce apparu à l’os d’un mur – ce que tu urinais était de l’or offert au crâne  d’un fémur – alors le monde multipliait sa face de miroirs en conséquence des riens qui l’habitaient – il y avait des fentes des intestices des trous des brèches des tentacules des moignons où suintait l’ivoire clair des squelettes – comme lorsque tu regardais tes os à la lueur d’une radiographie médicale devenant pâle et craintif de savoir que tu n’étais rien qu’un calque noir traversé de lumière – oui mais la lumière qui la voyait vraiment? d’où venait-elle? voilà qui te souciait plus que l’inexistant charbon de ton nom –

alors que les autos passaient incessamment sur l’autoroute où d’étiques éoliennes à une patte ronronnaient quel angle avais-tu choisi? entrer dans le tableau ou laisser les personnages te fasciner ou alors en sortir ou alors encore autre chose? tu avais la sagesse de ne pas savoir – les petites allumettes d’ivoires clairs craquaient leurs illusions une à une – l’air saturé embaumait le soufre on entendait des craquements et aussi des claquements de portière même si chacun faisait ce qu’il pouvait pour ne pas griller sa boîte entière – la tentation était grande de brûler la chandelle par les deux bouts –

le château était en ruines mais tu aimais de plus en plus – à démesure du corps découvert tu trouvas dans tes nuits un poème couché sur le dos ni à lire ni à déclamer mais à réécrire à peine sorti du ventre de ta bouche – alors l’homme enragé partit son boisseau de colère sous le bras –

il fit son testament sous cette forme : petite alumette d’ivoire clair –  à l’embout des crânes reliquaires le feu traverse au rouge la déchaussée de tes pensées alors que se déverse dans la ruelle de ton coeur l’os des félicités – je serai dans un prochain toi un collier de lumière à ton cou invisible et serein mais longtemps tu ne sauras rien car je me manifesterai comme un pauvre quignon de pain jeté au chien de la colère sur une route d’ivoire clair que rien ne distinguera d’une autre –

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