Blonde embaumée

entre les roseaux l’ange a
peuplié l’écho – la vache au centre de la
pupille fait monter la mer en blonde embaumée où il
fait bon rêver – quelques pavots
tombés épandent leur marmelade rouge fané au tricot d’un
mur éboulé – sous mes pieds fumier des fleurs et cendres urbaines mêlent leur adn –

l’indus d’un ruisseau éveille des paquebots à l’indus des villes qui sirotent des
côteaux de terre et des plombs de gazinière – auprès de blondes mutations
il fait bon dormir un épi de blé dans la crinière –

au prieuré de l’âme sous la ramée des cils poussent des balançoires de miel tout
aussi réelles que l’irréalité venue – un pinceau de lumière lâche un trait de sirop balsamique sur la route qui laisse des ombres traîner un peu partout –

tes doigts sur le piano grattent un peu de ciel
arrachent un peu de satin à la pierre des touches –
l’ivoire se perd en images de sel – rien n’est assez solide pour contrarier le vent – tout un pan de
mémoire se balance incognito – la forêt s’effondre sous
la porte des soirées – te vient à l’oreille le pavarotti des sanglots de quelques générations à l’imagination floutée – si près se tient l’indus majestueux de l’amour qui déchire qu’il serait dommage de passer à côté sans le voir –

à la blonde embaumée rien ne fait défaut
son aile de marteau vibre de quelques puissances viriles – entends-tu son appel?
n’en déplaise aux chevaux de halage dociles et résignés –

quand tout se couche dans la main du
soleil étendu tu pourrais entendre rouler sur ton coeur les
galets de musiques lointaines qui scandent le pas
du scarabée vert sur la robe indigo d’un moineau –

tu cherches l’indus à l’indus des villes – l’art est en fourrière à l’arrière d’un
camion le poète conduit envers et contre tout jusqu’à emboutir la joue de minuit –
rendez-vous à l’aube des ours –

levés de bonne heure sont les oiseaux à l’embarcation d’un piano de
couleurs qui joue sur le port des accords de sirène à la barbe d’une arche –

lever des voiles –

s’éveiller à l’allegretto d’un sumo de nuit qui fuit vers l’océan d’un mot – joie
d’un démuni béni de roi –
entre les roseaux l’ange a peuplié l’écho – la vache au centre de la pupille fait monter
la mer jusqu’à l’indus fleuri – le monde est selon la blonde embaumée les restes d’un amour qui déchire à l’aile de marteau – entends-tu son appel?

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. xab0003 dit :

    la blonde embaumée s’appelle Fabienne
    c’est vrai que je me suis déchiré l’âme en hurlant de douleur quand le vent a changé
    de direction la forêt s’en souvient
    je connais la puissance virile du vide pour avoir flirter avec l’espace, Fabienne aussi
    non ce n’est pas Félicie
    nous ne nous sommes jamais revus
    ça fait plus de trente ans
    nos mains sont scellées à jamais

  2. xab0003 dit :

    au près de la blonde des tranchées – il ne fait pas bon vivre
    femme et enfants ont abandonné le navire – la balançoire chavire et heurte l’arbre
    violence inouïe – les bombes balancées à la main par- dessus la carlingue du biplan –
    paradoxe le blessé à mort est secouru par les ailes de l’enfer –
    dans la carlingue il agonise jusqu’au Bourget
    la veille dame a jeté son âme du haut de la falaise et vit à l’ombre d’Etretat à bout d’ailes –
    mémoires instantanées tannées par le vent – bribes et rafales de vent de métal et de pleurs concentré d’instant présent qui se décrypte à l’infini sur le vide d’une page consentante –
    un vieux carnet plus que centenaire et un crayon disparus depuis longtemps infiltrent à ma mémoire des scènes d’horreur vécues –
    ce carnet et ce crayon se métamorphosent en papillon qui voltige sur les branche de cet arbre presqu’inconnu qui réclame son dû de réparations –
    les courants ascendants emportent l’inconnu au-dessus de l’océan dans un miroir de voiles submersibles là où les cibles du biplans sont amnésiques –
    le biplan fait de la haute voltige sur le vide de la page désolée de ne pouvoir en dire plus –
    le continent l’océan et le feu tourbillonnent devant la porte il n’est pas nécessaire de frapper vous pouvez entrer le chien n’est pas méchant en plus il est vieux et n’a plus de dents –
    autrefois les brises-lames rendaient les corps et il était possible parfois de dire au-revoir –
    mais la mer est une continuité indicible qui donne parfois ses images aux anges qui passent à l’horizon les soirs d’été quand le soleil du crépuscule et l’océan s’étreignent
    d’une volupté silencieuse de houle nonchalante et profonde –
    le barrage en amont retient ses eaux – l’entends-tu craquer sous la pression – le vois-tu se fissurer –
    quelle bonne nouvelle d’être emporté par le courant avec la fluidité de l’ange –
    horizons spontanés

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