sur la mer

points étendus à
l’inétendue d’un bouillon échancré d’azur – lancé à vive allure l’esprit se pose dans ses mystères à l’aronde d’une hirondelle – des piles d’assiettes tombent au
bras du vent sur le sable sale écoulé du goulot de
blancs coquillages en nage arrêtés –

la mer tourne sur elle-même en camaieu de gris vinyle – reflets d’ardoise en
sortie de bain assortis de quelques diamants de pain attirant goélands et fêtards –
façades crèmes et roses en pose –  en guise de réponse la mouette s’est
délestée de jolis tubes d’acryliques sur les pare-brises des autos –

à la jetée d’un maillot des
petits caillots de crabes écrasés sonnent le glas des baigneurs – quelques fantômes battent le crépis des eaux en bordure de
ciel – une sandale oubliée à la jarre du temps traverse tes doigts en bouquet de craie –

bruissé d’escaliers en alu qu’on descend et qu’on brosse à la remontée des
oiseaux –

un foulard de lumière déroule sur la mer sa laisse irisée – les dunes sont
des chiens de sel et d’écume où les enfants crient où le vent rebondit au cristal d’un
phare au loin dessiné –

la mer te fait cet effet de face à l’envers – quelque chose de détourné qui sans dire quoi remue l’âme et le sang des poupées – quelque chose qui floque et remorque des êtres lointains patinés d’îles et de vermeil jusqu’à tes yeux lessivés d’eau et sans image que rien –

à l’ombre d’un parasol s’immolent les pensées allumettes des fillettes – fièvre et chair de poule à la houle d’épave – faire le cadavre sur la natte ensablée endiablée de vent et d’éternité cinglée – tu peux enfouir au sable lavé ton linge de peau déplacer ta gravité manger des nuages poser sur tes yeux un rail de corail –

sur la mer monte le dos bleu de l’horizon – tu la devines – elle tourne flottant au bouchon du soleil – tu l’imagines se frotter au récif de vénus bâilleuses et mobiles – musique des graillons au sablon des pas – si loin que près s’envole un intérieur totalement livré à l’apesanteur du dehors –

tu suis des yeux l’impossible mouton se mouvant à l’aplat d’un bouillon de matière  qu’emporte à vive allure l’esprit d’une hirondelle – à peine perçue t’est ravie l’aile d’un ailleurs –

sur la mer rhodoïd et tirée au cordeau pointille le bandeau hâlé du jour – et toi tu dors au clair des mots sous un oreiller d’eau –

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