Tête de mort

avec soi on promène sa tête de mort
impossible de la dévisser
impossible de la remixer
juste à la rigueur la croiser au détour d’un oreiller
ou au lever de grimaces que l’on fait dans
la glace en se brossant les dents ses babines roses
retroussées –

il était temps de l’hommager de
la dédommager de cette
patience tenace qui
pire que la crasse jamais ne
cède à l’intimidation des
vertiges qui menacent –

comment ne pas
avoir une affection toute particulière
pour ces squelettes qui
sifflent sur nos têtes ces clés
débordant d’osselets
tintinnabulant en secret
accompagnant chacun de nos gestes au
dark web des convexes et
concaves nomenclatures des destins
très enchevêtrés que nous sommes
portant sous nos costumes enfumés et
exhumés des
idées très sophistiquées alors qu’au
final très simple est
la fin –

chaque jour aux abattoirs des
coupe papiers les bêtes et
les hommes font la somme
des heures qu’il leur reste à
twister l’ici à scanner l’ailleurs
à palper le flanc des murs
à messager le futur proche d’un
présent fuyant
à zapper la belle Alafo
pour aller
de l’autre côté rejoindre des
plaines où chevaucher à
perdre haleine vers de
cosmiques glaciations – au
final à la fin tout est clair il fait
froid –

un jour les étoiles dans la
bassine s’éteignent on n’a pas le temps
de finir sa soupe on lambine sur le
comptoir des oripeaux – on regarde encore
à travers la fenêtre les
fictions qui tombent en lambeaux à
la lividité des automnes où
la mort à tête de feuille choit dans
ta poche qui s’effiloche au
hasard des remparts du jour et tu
te demandes pourquoi la vanité des
roses et si c’est la
dernière coccinelle que tu vois et qui
te croise
attestant d’un brève passage sur
la terre des mutations dont tu n’avais perçu au
final pauvre de toi
qu’un reflet persistant sur ta rétine aquatique –

finis ton verre et trinque avec moi à l’hiver –

tu laisses derrière toi des
bandes de léopards qui rôdent à
l’équinoxe tu leur donnes tes
os en pâture de roc –
restent en repas les
frêles arbalètes de tes côtes –

après le naufrage du navire
quelques boulons flottent à
la surface ballottés et maculés d’un
sang de phoque puis
coulent au fond – le plomb n’a pas plus d’or
qu’un trophée de  charbon –

plus rien ne vient chercher ta tête de
siphon la main qui la caresse n’a
plus de doigts tu ne peux
plus compter que sur la vacuité du sort
pour te refaire une beauté –

à la rigueur au cartel d’un
musée tu peux afficher ta place où
d’autres viendront se pencher sur toi fasciner
par ta grâce de bourbon se
demander quel est cet étrange chose que tu
es – tu leur proposeras alors
de t’embrasser avec la
fougue d’un amant qui
cherche son double afin
de rencontrer la fin du
monde et peut-être dans le
bol de ton coeur dénudé germera la petite
céréale en guise de dédicace puis
quelqu’un tirera les rideaux
et tu reposeras enfin d’un
trouble scintillement
et
de la phrase tu ne seras plus qu’un
point c’est tout –

 

 

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. catia dit :

    j’ai hâte d’aller me brosser les dents ! ;0)

  2. xab0003 dit :

    je veux bien trinquer avec toi si tu me fais voir tes visions
    comment peux-tu être aussi affirmative
    mort cérébrale et black out
    mais entre temps shamane
    la vie est cruelle c’est vrai
    je t’embrasse très fort et t’apporterai un bouquet de perce-neige
    l’hiver venu

  3. xab0003 dit :

    en hommage aux variations morphiques infinies
    la libellule et l’ornithorynque ont décidé de boire la grande ciguë
    pour plus d’humanité
    flottante

  4. gertrud berthet dit :

    vide de nature propre — et pourtant la relique reluque le déclic astérisque et périls…

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