Lasso

Chaque lune baigne dans la
douceur du désir comme chaque mot
qui s’enchaîne à la phrase nous rapproche de
la douve animalité de ces
noires vénus qui nous immergent dans les
flaques de sang de la douleur d’aimer –

encore nuit presque jour
au-dessus de nos têtes
l’érotique lasso de l’étoile à
l’orgue sensible puise au
ton de la narration
le souffle qui l’anime –
comment écriras-tu
cette journée de
tapis qui secoue
sa poussière ? –
nul ne sait
pas même
toi dont
l’oeil à
la perle
fine
se fâne
à l’écorné d’un
verbe alité –

toute écriture est feu qui cherche et
trouve un lieu où naître à
l’action ronde qui gronde et
compatissante
roulant sur les flots des
sanglots longs
qui frissonnent
fond fécond
de vides où
traverser la mort
à dos de fontaine –

des lettres s’évaporent
par tous les pores de
l’évidence qui fait sens –
la petite clé ouvre
le puits d’un buisson d’encre et
parallèlement hémorragie de joie à
qui voit les noces du ciel zébré d’or
infiniment se répéter à
chaque regard levé –

comme se dérobait le hochet du
soleil l’horizon en venait à
étaler son rouge à lèvres d’oiseau de proie
corail et vermeil à la bouche verdie de
terre et d’automne –
le brasier des
feuillages foisonnait de détails
la virgule lunaire
en eau qui
tonne allumait chaque instant
à la flamme des phrases –

il faisait encore beau
colorier les nerfs des arbres d’un collier de
pas qui accomplit la marche des
passants rêvant de rosée au
milieu de la peau blanche d’un champ –

à ton oreille amochée
la déesse murmurait ses secrets
zigzaguant au-dessus des toits
en trèfles de lune  –
tu ne savais que dire

tu fermais les yeux pour
mieux écouter –

à ton coeur inhumé
pleurait la solitude d’un miroir –

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. xab0003 dit :

    Madame la concierge se débat avec les crochets qui maintiennent
    le rideau dans l’ascenseur pour protéger le miroir des gens qui déménagent
    Ils sont nombreux
    La machine à sous tourne à plein régime
    le théâtre des « je » se joue à rideau fermé
    Bonjour! mécanique et très professionnel
    Retour vingt heures après une journée de travail harassante
    le bagne des papillons se vend à la louche
    le tapis roulant de la dette pure fiction accélère ses hautes fréquences
    espèce de sonnante et trébuchante dans ta tombe métallique
    je propose une partie d’échec à la mort
    elle accepte elle a tout son temps
    je ne verrai plus tes mots merveilleux
    Toi la grande soeur de Rimbaud
    Toi qui écrit des poèmes merveilleux
    moi je vais mourir très jeune comme un homme préhistorique
    qui découvre le feu et ne le maitrise pas
    je veux un océan d’océanides plein les cieux
    je veux l’érotisme de la terre
    je veux la tendresse des fleuves
    je veux l’amour de la pluie
    Amie Spirituelle tu me donne beaucoup

  2. xab0003 dit :

    Un arbre assis dans une clairière enlève son manteau d’écorce
    il m’invite à traverser sa forêt d’un bleu si profond que ses pixels lumineux
    engendrent un gris d’Indra extraordinairement dynamique
    Le bison de métal ne tarde pas à lancer ses rails toute vapeur dans les racines
    et les branches de mon hôte
    le tapis jaune de l’automne avec sa tendresse absorbe les engrenages serrés
    de la bête
    l’espace transparait un instant fugitif avec ses orangés de l’aube
    avec la lune qui mange son croissant à la lueur de son unique étoile du matin
    avec son crépuscule aux ocres comme des sucres d’orgue aux firmaments
    des temps atemporels
    Je me stabilise un instant dans le cantique des quantiques adamantins
    Indra frappe la terre de son glaive et élance son filet sur l’océan
    l’onde est si fulgurante qu’elle me renvoie à ma matière ignorante
    L’aube est toujours présente
    L’arbre m’invite toujours à enlever mon manteau d’écorces aux fils tressés
    de temps invités à la sueur de ma peau
    L’aube à l’instant s’orange d’or

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