Un dimanche

Ce matin il pleut il y a de gros nuages boutonneux
qui flottent dans l’air –
les chats ont délaissé leurs croquettes pour aller
pêcher la souris de l’autre côté des champs –
c’est un dimanche un jour où faire la planche
à se démettre l’ego en costume trois pièces –

pas de croissant dans l’assiette
pas de versant aux fourchettes du lever
juste un coucher de papier bulles à
la fenêtre du jour venu –

la nuit serrait son doudou de plumes
que l’oiseau laissait à chaque fois
avec un petit mot dedans un
voeu d’enfant un rêve de sagesse un
cri de tigresse une allumette de fauvette –
tiens prends ta plume écris nous quelque
chose sans en mettre partout –

la nuit porte conseil disait ma
grand-mère à ma demande de sortie
c’était oui la veille et non le lendemain matin
j’avisais que la réponse était toujours
fortement contre productive à mon égard
la nuit ne semblait pas
aimer en moi la princesse qui voulait aller au bal –
ma grand-mère avait-elle vraiment réfléchi ou
avait-elle mal dormi ? en tous cas
il faut faire attention à ses questions à
ses réponses et encore plus à la nuit
démente hantée de circoncisions – enfin
je vous parle là d’un temps révolu que les plus
jeunes ne peuvent pas connaître comme dit
Charles à son piano à queue de pie –

voilà où mène un dimanche et
ses réflexions monacales – à se faire une
petite tranche de passé suranné à
parler à votre chat du sens métaphysique
de l’oubli alors que ça fait longtemps
qu’il a déguerpi – qui le chat ou l’oubli?
pourquoi ça fait une différence?

je préfère un peu de poésie – mignonne
allons faire un tour il y a encore des
roses au jardin je les vues ce matin
en passant la tête par un nuage
alors que la pluie attendait Gene Kelly
et son énergie de dieu des claquettes
pour se mettre à l’unisson des balcons
inexistants ici juste un escalier pourrait
jouer ce rôle de prise de hauteur sur
les choses non maîtrisables et encore –
laisse tomber et saute à pieds joints dans
l’abreuvoir éteint du matin –

je ne sais pas vous mais moi je suis manche
avec les dimanches depuis toute petite déjà
je trouvais qu’ils précédaient trop les lundis
ce qui de fait creusait une tranchée inconfortable
celle d’aller de l’un à l’autre sans jamais
pouvoir vraiment se poser – en plus
c’est une journée où tout est fermé c’est bien connu
heureusement la nature reste toujours ouverte
prête à réceptionner les laissés de côté de la fête
ceux qui ne savent pas faire la planche le dimanche
pour la bonne raison  qu’ils n’ont pu le samedi soir
se démettre l’ego en cocon flanelle et soie de jarretelles –

allez viens mets tes chaussures oui les nouvelles le
dimanche j’en suis sûr on mettait toujours ses
plus beaux atours y a pas de raison de faire honte au
jour même si c’est pas celui de ta naissance ce sera sûrement
celui de ta renaissance un jour ou l’autre –

après on fera des oignons au four pour midi c’est
bon pour la santé et cuits ça fait pas pleurer –

on essaiera d’éviter les
chasseurs qui en octobre fleurissent à la
génisse des prés – on va aller sur la route marcher
dévider du béton jusqu’au trognon des pommes
dont c’est la saison – allez soeurette prends ton
bâton d’ermite aux yeux de réglisse et
ta lumière de frais gardon – allons relier nos
coeurs au beurre de l’horizon – et d’autres nous suivront –

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. catia dit :

    Volontiers, volontiers
    Avec toi me balader…
    j’entends ici là l’universalité du dimanche
    la lune du lundi suit le soleil de la veille, oh ! Merveille…!! ;0)

  2. xab0003 dit :

    J’apporte les cristaux de sel marin
    pour partager les tartines de beurre salé
    chaumière terrienne et hop un coup de pied au cul
    sur l’horizon de la toile cirée
    ballade dominicale du lait chaud sucré de tendresse
    falaise y réfléchir plus suranné
    non dit l’oiseau
    la conférence s’instante à la bouchée de pain grillé
    avec ou sans flanelle

    Et Nathalie de Bécaud pour faire des becos
    le dimanche à Orly
    brêle que je suis

  3. Elizabeth dit :

    « Ecrire quelque chose sans en mettre partout » …… Parler sans en dire beaucoup

  4. Elizabeth dit :

    Et puis « La nuit serrait son doudou de plumes que l’oiseau laissait à chaque fois avec un petit mot dedans, un voeu d’enfant …… »
    Tu décris à merveille l’enseignement. Quelle douceur ! Merci Belle d’Ame.

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