Se perdre

La route pousse en moi des arbres à
l’architecture de vaisseaux et de
lymphes de cloques ardentes et d’étain
l’automne insinue sa fièvre d’or au moindre
panier de nuages qui s’énuage au-dessus de
la terre –
La route est savane et court sous la peau du
soleil qui rugit comme un coquillage en
fleur de feu posé sur l’eau du matin –

s’asseoir dans les pas de l’arbre
au pied de corsé noir qui
débranche le coeur des malheurs
marcher dans la poudre d’un présent
calme et diligent –

indélébiles à l’encre des herbes
sont les traces de qui est parti sans
chaussures droit vers l’abysse du ciel –
il n’en reste rien
il n’en est pas moins toujours là
regarde aujourd’hui –

La route rêvait en moi de palais de
lumière d’arches cordiales de
forêt d’os qui s’entrechoquent à
l’ondée de parapluies et de
lotus nageant dans la lumière bleue –

quelques roues solaires étendent et
rayonnent leurs draps de peau les
mettent à sécher au vent d’un éveil –

Toucher la bonté belle que la route
insinue à mes pas de fragilité et
de bois –
têtue est la vie à la morve d’un oui
tu prenais corps entre
deux mondes tu perdais monde entre
deux corps
tu suivais une route qui
n’existait que là où tes yeux allaient
tu perdais de vue l’horizon
petit à petit
tu semais de l’or à
la vitalité fatiguée
tu aimais te perdre
sur la route claire et
toute tracée lacée de champs de
bordures et de ronciers vivants
la nature t’absorbait autant que
tu l’absorbais la route poussait
en toi des arbres à
l’architecture
de vaisseaux et de filets d’eau –

laisse toi respirer
laisse toi ressentir d’obscurs destins
laisse venir en toi la carpe qui brûle –

l’arbre était coupé
le coeur était fendu
gisant à son tronc de corsé noir
un feu éteint
priait au
disparu des
formes –
tu restais là
à craquer de buissons dorés et
de terre brûlée –

les arbres penchés
fléchissaient leurs
profils dénudés –
silhouettes au ciel rosé
sans autre imposition que
les mains du matin –

la route poussait en moi son
chant de bête sauvage et
capillaire
laisse toi respirer
laisse toi inonder
laisse toi couler
l’abysse du ciel toujours ouvert –

lumineuse tendre et touchante
était la nuit qui
déroulait son ruban de
lumière sous
tes pas –

dans l’eau du ciel
la carpe s’est enfuie –

 

 

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. catia dit :

    Mes yeux mouillés, laissent tes mots naviguer jusqu’à mon cœur ! Merci Wangmo ;0)

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