Papier flashé

Pince à linge sur un fil
bleue à la tempe des roses fanées
où est passé ton pantalon?

Tout ne tient qu’à un fil
toucher la beauté simple d’un
revers de destin au sale devenu blanc

Se perdre dans la fiction du feu
ou à la verte pomme des feuilles croquées de gel
quoiqu’il en soit sortir du bois

L’arbre laissait paraître son coeur de
corolle branchée – tu balayais des rocailles
tu t’attelais à des tâches cosmiques et fêlées sans te
soucier de l’heure –

Les pierres tentaient de rendre l’âme
la nuit comme un bolide jetait son extérieur
contre le mur aboli – tu restais bouche ouverte

Le fruit pourri laissait traîner ses métaphores
sur la table adoubée – tu changeais de pièce et
laissais l’ombre dehors sans succès –

Les feuilles craquaient les portes claquaient
la liberté était reine les pensées allaient où
elles voulaient foutre leur bazar clair –

Qui es-tu alors que l’ombre te talonne
quel fantôme se joue de toi dans l’histoire
tire au sort la vie ou la mort –

Au fil de l’eau vont les étrons des pigeons chassés du
paradis des miettes – on dirait que tu es devenu un
accordéon errant – on se demande de quoi dépend ta
musique –

derrière toi la porte grince et la clé tourne –
vinaigre de la nuit heures fêlées tu laissais ta peau
d’humanité au placard de nouvelles idoles –

la vie est belle? la vie est telle qu’elle n’est pas plus
belle ici ou là – va pour se raconter des histoires
ego social contre tout chacal va pour la défaite de
l’ermite accompli et faillible –

Le temps passe il faut encore pouvoir s’aveugler
pour s’emmêler les fils mais toi tu ne peux plus
tu ne peux que muter en ciel d’orage –

Dans le four cuisaient de petits gâteaux qu’avec la
maladresse de l’amour tu avais préparé pour un
qui ne viendrait pas – beauté des échecs mat au coeur –
souris! la balle sera toujours dans ton camp –

la vie n’allait pas trop où tu voulais – tiens prends ce chemin
de traverse que tout-à-l’heure tu ne voyais pas – vois-tu ce
qui s’évisage à ton coeur blessé ? suis le et n’oublie pas de tourner!

Je voulais à mes filles dire ce qui ne peut se dire qu’en se
taisant et pourtant quelques mots tombent de la tablette –
en fait je voulais dire que
moi aussi je préfère une part de tarte et de présence accomplie

Petite tu avais peur du noir de la nuit aujourd’hui tu as
peur du noir en plein jour car tu sais que c’est là qu’il s’insinue le mieux
dans ce qui ne lui ressemble pas que l’on ne voit pas tout près d’un sourire –

Tu me demandes si les humains sont tous des simulateurs qui changent de
vérités comme de chemises? – oui et non – ce qui fait de
ton passé un mensonge c’est que tu n’en veux plus alors qu’il est aussi ta vérité –

Avec tout ce que l’on sait comment peut-on encore faire mal?
mets un morceau de scotch sur la caméra de ton ordinateur intérieur
qu’il ne te regarde pas faire ce que tu fais dit l’oiseau de vérité
qui commente à ton épaule et se rit de toi –

Tous les matins je reçois un message envoyé de mon coeur à mon
coeur qui relie tous les fils du bonheur d’être là levée à la
vie donnée à l’amour présent dans un tout petit bol de soleil qu’avec
ta cuiller tu fais rayonner –

Quelque soit le temps la météo mon clavier est fécond il fait des
ronds dans l’eau le monde vient me chercher pour courir avec
lui derrière la fenêtre le chat attend l’herbe sourit les cailloux sollicitent
mes pas de rigueur et de glaise – papier flashé!

Le monde m’ermite me solitaire me cache au fond tout au
fond – à l’oubli de l’oubli même – seule une lampe au front
éclaire un peu –

Le monde m’étoile en un point tout au loin – si tu penses à
moi tu me verras arriver à vitesse grand V entrer dans ton
coeur et shooter dans les fleurs avec la rigueur et la joie de l’hiver –

Ces petites choses invisibles ces petits carrés de chocolat des
sourires et des silences et des petits pas descendant l’escalier
quand tout tombe et se noie –

Papier flashé d’heures fêlées – fiction du feu
Pince à linge comme des mots au fil de la nuit pendus à rien –
le temps perdu à se retrouver
quoiqu’il en soit sortir du bois –

 

 

 

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