Branches comme à l’envers du bois
lumière rasant les murs
que traverse l’ouverture d’un toit –
La bougie se consume en bouffées de
chaleur – sueur organique à la chair éclatée –
fleur de lave au carreau gris gelé –
Tout paraît brindilles
à la nudité des faucilles d’hiver
seul quelques fagots de feu follet s’immolent –
Deux paires de chaussettes
près du feu en liquette pilou de nuit
ronronne ton dos tout chaud –
Le monde a mis ses gondoles de neige
où partir en silence de patins beige
un matin où le chat glisse sur le sofa –
Quelques herbes sortent fragiles leurs
têtes de pelote percées d’aiguilles
totem d’un coeur anathème –
Marcher d’un pas crissant et
rapide derrière les empreintes sereines d’un animal
sans bottes – où va la nuit au pelage fauve ? –
Tout s’embrase d’une lumière à l’argent
plissé d’or – rayons de la brume changeant ses draps perlés
demain se démonte à la voix du présent –
la nuit se déshabille
elle a vu les vêtements qui l’habillaient
elle a reconnu la supercherie des étoffes qui l’animaient
les pas de la nuit les empreintes de la nuit ont été effacées
et c’est très bien
la nuit se reconnait comme nuit
la nuit n’est plus nuit
mais métier à tisser des fils d’or d’un soleil nocturne
l’arbre a enlevé ses écorces
devenu totem d’or fragile éveil
projections
prison d’une vie
pardon
voiles comme inconscient qui fixent une fiction sur la baie de ton être
pardon