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Les morts ne sont jamais bien loin
écoute les arbres aux troncs de platine et de haute résolution
pose ta tête sur l’épaule de la solitude
et partage la beauté qui danse au bras de la tristesse –

Les morts ne sont jamais loin à nous rappeler
la noirceur des écumes – lorsqu’un feu éteint
devient litière de cendres la conscience tourne sur elle-
même et se rappelle ce que tu avais déjà si vite oublié –

Les morts sont nombreux à nous montrer
qu’un navire s’éloigne toujours fragile sous le regard aimant et
détaché qui l’accompagne –
voguer seuls ensemble sur le rang des vagues entre les
poissons d’argent –

Chercher sans chercher trouver sans attendre
le coeur n’est rien d’autre qu’une mer de lumière
qui avance vers toi ne t’en détourne pas –

Ta conscience tourne sur elle-même et s’unit au
vent si vivant de l’instant qu’un souffle te parcourt et
libère les morts réjouis de sortir de leur nuit originelle –

J’ai mis ma robe pour ne pas danser
je l’ai ôtée comme une perle précieuse et sacrée
de nous deux le premier qui meurt sera le trésor caché
de l’autre ou peut-être pas peut-être juste un
serment qui n’en n’était pas –

où va le lien qui se défait? encore fallait-il vouloir
vraiment voir les mille visages de la profondeur
encore fallait-il vouloir vraiment se promener dans le
jardin des mots à l’amour consumé –

les morts ne sont jamais loin ils contemplent la lune
des corps diminuer comme un petit point blanc
qui se perd à l’horizon –

ne vous en déplaise il m’arrive de parler avec les
morts une langue de signes et de braises de
silence et d’orfèvre ciselant les portes de ma conscience
qui tourne sur elle-même et s’unit au vent –

seuls ensemble allons allumer un soleil sur la dune
le coeur n’est rien d’autre qu’une mer de lumière
ne t’en détourne pas –
la vie passe vite ne laisse pas traîner tes mots d’amour
ramasse-les fais-en des bouquets
sans avoir peur que t’éclabousse l’océan d’une rose –

 

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Benedicte Auzeil dit :

    Wouaaaaaaa Quelle synchronicité ! Je pensais à mes morts et à leur voix que je n’ entends plus, effacées par l’ amnésie du temps. J’ ai encore celle de ma mère au creux de ma mémoire … toujours les mêmes phrases qu’ Elle à bien fait de « radoter » car elles et leur musique sont gravées en moi.

  2. Francine dit :

    WOW!!!! C’est vraiment touchant, inspirant, réconfortant. Ce merveilleux poème tombe à point dans mon coeur qui avait oublié sa lumière. Merci. 🌸

  3. xab0003 dit :

    Question linéaire et stupide d’un mortel
    y a t’il résurrection à la fin de chaque ère cosmique ?
    Non répond Dieu
    Je me scinde en trois pour exister
    je suis égoïste et c’est de l’ordre de l’instantané
    si tu t’éveilles tu peux voir mes cendres et mes roses à l’infini
    tel est mon coeur infini d’images
    certains m’appellent mère cosmique et c’est ainsi que la mère
    Michelle a perdu son chat
    son chat est très malin il s’est réfugié dans la barque silencieuse
    sur le miroir du lac
    ses bottes ont chaussé les ailes de l’aigle l’intuition du loup
    et la vitalité du cerf
    la barque silencieuse n’est autre que la robe de mariée
    je t’attends
    avec les épines des roses je t’habille de larmes qui alimentent
    l’océan de lumière
    ainsi sommes nous
    c’est mieux que rien
    n’oublie pas d’aller traire les vaches et d’envoyer un mail
    le père Noël s’est immolé dans un conduit de cheminée
    avec sa tablette et son téléphone portable

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