Qu’un pas

De vous à moi
il n’y a qu’un pas dit-on – un pas où
tout est matière à poème – à chemin de traverse à coeur perdu qui s’ésable jusqu’au
lieu où attirer à soi la pulsation de tous les vents en terrains vagues de tous les chiens fous de joie et de retour – j’aimais tant la levée du
jour à ton pouls de tao aujourd’hui barbelé –

un chat blanc à la patte cassée tourne autour de nos visages –
Que fais tu de ta jolie solitude? elle coule rivière sous la rivière – entre nous il n’y a qu’un pas de dérision et pourtant la bordure fleurie d’un jardin et pourtant la preuve de l’inexistence du temps et pourtant la barrière invisible de l’absence où coudre un rideau bleu accroché aux étoiles – qui t’a donné ces yeux de ciel tatoués d’amande?
Ces yeux marqués au fer des pleurs ces yeux qui ont la dignité de l’âme vulnérable tombée à terre – ramasse ton mouchoir et file à la cave dévider les rouets du malheur que tu as toi-même fabriqués – dans le bonheur on est deux dans son errance on est seul –

Le chagrin de chaque pas est comme un grain d’amour perdu – une mouche blanche se prend les pattes dans le croisillon hésitant de nos bras frileux et nul ne sait s’il doit fuir ou rester –
Nul ne sait si jurer à la barbe de l’instant qu’on connaît la vérité n’est pas toujours mentir au temps – d’ailleurs quelle vérité? Celle qui se dit à l’envers des paroles qui s’accroche aux murs sans écho qui se placarde là où personne ne va jamais –

depuis l’horizon totalement muet nous avions l’étrange sensation d’être disparus à nous-même –

Le petit corps chaud de l’oiseau n’apparaît pas à tout le monde seulement à ceux qui savent qu’à grande lumière grande ombre –
alors ne chasse pas la nuit de ton esprit – l’amour y est tout noir tout vide et tout malade mais veille encore – la mère et l’enfant n’avaient plus qu’un seul coeur aux battements doubles accélérés démesurés qu’ils frottaient au quotidien tempéré de leurs mains – il fait froid sous la raquette des sourires qu’ils échangent – tristesse insoluble du jour qui descend les marches du temps –

Tout est matière à revenir au futur de la paix à anticiper que le plus dur est passé à ne voir qu’un côté – tout est manière à ébruiter la soie des apparences entre les doigts du soleil à parcourir toutes les distances à ressentir toutes les sensations engrammées en ton corps qui relâche sa mort –

Entre nous le chemin le plus court sera toujours l’infini – un petit bout de toi apparaît le reste se cache à l’évidence de ce qui ne peut se rejoindre – laisser aller la mer loin de ses mains loin de ses pieds tremper le pain dans la flaque du café – ton profil t’échappe et de dos ta silhouette égare sa vieillesse qui à l’insu de toi vient vers moi avec tendresse – tu peux aller loin le plus loin possible je garde pour moi toutes les nuits à se balancer dans la lumière –

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