Poussées

Ce matin il y avait dans mon coeur des
poussées de sureau claires et limpides

Faire un tour sans bouger de la beauté
marcher sur le radis des odeurs
l’air bombé de cercles fleuris

la forme est vue dans l’oeuf de sa gestation
premier instant tout de lumière qui pleut
premier avant tout lieu de pensée
premier avant même la rosée de feu

la terre est si belle
qu’elle s’ouvre comme un abîme de
tendresse avec
des larmes aux yeux des herbes et
la sensation d’être aimé par l’océan entier

des bouquets de soleils flottent au
vent dénué de manière jusqu’aux
lavandes à la bouche d’iris  –
le chat s’immobilise et
monologue face à la clairière
la paille laisse manger ses gaufrettes d’or
aux rampes d’insectes
des grappes de fleurette vivent à l’est quand
d’autres meurent à l’ouest

et du vert encore et encore
en culs de bouteille
en canne à pêcher au ciel
en sequin de rainettes bleues
en mare d’orties tisseuses d’os et d’arêtes

et puis tout droit venue vers moi
l’arbalète d’un combat où
l’amour est toujours gagnant –

 

 

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. barbarasoleil dit :

    oh c’est saisissant!

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