Au fond de l’eau

le vent ne pouvait rien garder
au fond de la pluie sans fond
des possibles qui s’échappaient
autant de plumes d’os et d’air à
la limite de
l’oiseau sitôt posé sitôt parti –
le jour jetait
une pincée de sel en vrac
et au fond de l’eau
le souvenir du feu
qui se souvient qu’il fut feu
avant que l’arête du matin ne
dérègle la joue du temps –

une émeraude sèche ses
yeux au milieu du ciel
la terre était devant à
se réduire en poudre
où marcher longtemps
jusqu’à user en soi
toute la lourdeur des
barques molles cachées
sous les semelles –

aller dans le noir adultérin ou
le blanc cérébral ne change rien à
l’affaire qui azure les toits – à
quelques mètres de là des herbes
de berceau tiède
où revenir sur ses pas
à la poursuite d’un
effacement suspendu et
toujours bienvenu –

la tresse rubis des arbres coupe
le jardin en de nouveaux
jardins à la
limite des possibles –
l’horizon fendu
vole à la mer un
petit pan de nuit blanche –

ce qui se perdait en petits pois
se gagnait en or et
le feu au
fond de l’eau
se mouvait en serpentin
de corail à genoux sur les
rails de l’abîme –

perles et gouttes se serraient
au fond de la pluie
il y avait ces petits riens
qui ne veulent rien dire
il y avait ces petites éclaircies
ces échancrures
de pain rassis à
la ronde des assiettes –
il y avait surtout à
l’épaule des barbes de
chiffon des mains aux
fluidités inespérées
et à l’embrasure de
la porte la
lumière et
seulement la
lumière –

 

 

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