Pour guide

Ne prends pour guide qu’un vieux crâne
ruisselant d’azur au bord du chemin
son col d’herbes est serein
sa liberté totale

les feuilles des arbres juteuses de
sang s’épandent au hasard nomade
d’un grand vent –
ne pose pas
rentre la tête
n’attends pas
même la non attente encage
tel un navet au vinaigre de l’automne

laisse tes os craquer
tes nerfs flamber
tes yeux révulser leur ciel
sans pommade et sans ordre

sois sincère et sans
mélange
reste un nuage qui
amène la pluie après
la pluie
ouvre tes narines
aux senteurs boisées et
pénétrantes de
violettes imaginaires
écrasées sous
les pieds d’un géant
tiens toi droit
une poignée de vacuité en main

Laisse les visages débattre de leur
couleur les mots triompher
de leur labeur

les étoiles infectées de joie
accrochent des sapins
sans lueur
et jamais ne doutent des
sangles de leurs doigts

jadis un oiseau
dans la forêt profonde
offrit son chant intrépide
pour un peu d’or
et maintenant il dort
dans l’eau de ton coeur tiède

Ecoute ce qui cogne
du rameau ou de la fleur brisée
perdus dans
le buisson
des vitres sales

Ecoute quand la parole devient
corde de neige juste un froid clair
s’en échappe

vois que même lointaine la
nuit met ses mains de carrosse bleu
devant tes yeux
juste pour guide –

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s