sur le ventre d’un liseron
ascensionné à
distance un rail d’oiseaux
fait sa canaille
j’entends le coucou
alors que le soleil
pattes en l’air chauffe sur
le moment
des odeurs de miel et
des pendeloques de fleurs
blanches au toucher sensible
s’éventrent à terre
la terrasse de bois a
des bosses de printemps et
des pinceaux d’herbe folle à
délier l’humeur
la coquille de l’escargot s’est
vidé torse nu l’épouvantail
perd ses dents de blé
beauté de la tranche d’un
radis rose sur l’assiette blanche
rien ne couvre l’adieu qui papillonne
le chat sur le tapis de yoga
réalise la posture de l’ultime
il dort des poux dans la tête et
nul ne s’en inquiète
confidences in confine
rêver d’un vol d’été en
excellente santé est assez vague
pour rassurer
le noyer penche de plus en
plus à moins que ce ne soit ma
vue d’automne fatiguée
le vent prend dans sa main
quelque poussière vouée à
l’éternuement de nos coudes plissés
les mouches en profitent pour
escalader ton cou de sel et
de coeur solitaire
entends-tu les vers chanter
dessous la terre le ventre effronté de
la nuit te fait face
le jour est taureau la rose
oubliée est sereine et déjà les
étoiles se séparent du front des vaches
le sureau brouille le ciel
de ses féeries bottées d’insectes
on s’en tient à rêver
ce matin j’ai pris un astre rose pour
m’habiller car je n’avais pas de coeur à
déshabiller m’a dit l’oiseau
deux vaches se chamaillent
deux planètes en tête à tête
deux moteurs de mobylette
au déhanché de pâquerette
je suis allée jusqu’à la mare très
sale et mon esprit l’est devenu
alors j’ai suivi un lézard sans rien
penser du hasard
comme c’est simple de
s’appuyer au tatami des herbes et
de laisser la coccinelle grimper sur
l’arbre immobile
et ce midi nous mangerons du riz
égoutté d’une aile de gratitude
venue visiter nos bouches de silence
tiens mon ami mange aussi