Très légère attraction

une très légère attraction
pour le présent placide de la
fourmi qui déboule sur
la nappe en même temps
que la fleur laisse glisser
le bout de son pétale rose
à peine un poc sur les
miettes momifiées
d’un repas dérangé au
présent du passé

cette très légère attraction
pour le siphon blanc des non
lieux de nos doigts qui courent
d’un chaos invisible à
l’autre au bord
du lavabo froid

la tête d’aigle du soleil
sur ma tête endormie
ces instants silencieux
ivres d’aïeux et
de thym
ces livres de beauté et
d’amour qui font le jour

il y a aussi la
glu vanille et la barrette poétique
des nuages emmêlés et
somnolents qui bougent
au gré de leur bouteille d’azur

il y a dans des flaques l’eau des
regrets devenus des
secrets devenus des brisures
blanches peintes à l’ombre libre
aimer sauter dedans et
sauter avant que

la tête allongée sur les bras
dormir est si bon
les oiseaux du corps
dans leur nid de chair doux
et légèrement parfumé
l’odeur des brassières
d’été quand le ciel est
ventre ouvert

rêver au creux du chien couché des
foins sans autre horizon que
le blond couplé des verts et cette
très légère attraction pour le fond des
bols nus et le
chiendent menu aux
abords des routes
qu’on laisse loin
loin derrière soi
loin plus
loin encore
alors que
devant
toujours
passe
le vent

 

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