Comment sortir de la haine de soi ?

D’ordinaire, on s’identifie à ses émotions et pour justifier la façon dont on se sent, on édifie une histoire à laquelle on croit car nos pensées sont telles qu’elles ont souvent l’air crédible. L’émotion que l’on ressent a un objet, un point de référence : je suis en colère contre un tel et une justification :  parce qu’il a fait cela. Les pensées nourrissent et intensifient les émotions jusqu’à un scénario qui nous bloque dans une intensité émotionnelle telle que nous tournons en rond dans un cycle douloureux, ce que l’on appelle parfois, dans l’enseignement du bouddha, un monde.

Brooklyn-Street-Art-PaperMonster-2SoloPrevJulQuand l’intensité des émotions est trop forte, on voudrait s’en débarrasser. Pour cela, on peut aller jusqu’à nier ressentir des émotions,  on les refoule. On pense que les émotions sont trop fortes, trop envahissantes, trop dangereuses pour être vécues. Niant qu’on les ressent, on peut même penser qu’on a lâché prise et qu’on en a terminé avec. Cela risque fort d’être une illusion. Tant que l’on n’a pas ressenti véritablement, la colère ou la passion sont toujours en nous, sous-jacentes, prêtes à surgir à tout moment. Ou alors, autre extrême, on est tellement dans l’émotion qu’on n’a pas conscience de la ressentir. Cette répression est une pression qui affecte le corps et l’esprit. On pourrait aussi extérioriser l’émotion pour s’en débarrasser. L’intensité émotionnelle de la colère ou de la passion crée une panique qui nous fait sortir de nos gonds. Mais extérioriser violemment ses émotions est aussi une façon de ne pas entrer en contact avec elles. C’est pourquoi lors des constellations, si une personne a tendance à partir dans cette panique émotionnelle, il est nécessaire d’arrêter ce processus d’extériorisation pour lui permettre d’être en relation avec ce qu’elle ressent. « Arrête et ressens ». Ce processus d’être prêt à ressentir demande de se tourner vers soi avec bienveillance. La bienveillance inconditionnelle est le coeur de toute possibilité de transformation. Elle commence avec soi : mettre fin à la lutte envers soi, développer une amitié inconditionnelle envers la personne que l’on est. Ce n’est que lorsque l’on s’aime qu’on devient aimable et que l’on peut aimer les autres. La bienveillance envers soi est la même chose que faire la paix avec soi. Faisant la paix avec ce que nous sommes, nous pouvons nous relier à nos énergies de sagesse, être clair et précis, généreux et accueillant, aimant et compatissant, accomplissant, calme et spacieux. Si l’on est en paix avec soi-même, il est aisé d’être aimant et compatissant et de se réconcilier avec ses qualités, c’est-à-dire l’aspect ouvert de l’énergie au coeur de l’émotion. Certes, l’environnement joue aussi un rôle dans la capacité à favoriser cette amitié envers soi.

darshanRemarquez à l’instant comment vous vous sentez : mal à l’aise avec vous même, critique, cassant, trop dans l’avidité et le besoin, obsessionnel et accroché, trop dans le contrôle, ou trop dans le déni? La haine de soi nous pousse à rechercher l’amour en dehors plutôt que de l’intérioriser, de le vivre en soi. Parfois s’abandonner dans les bras de quelqu’un d’autre peut déclencher l’amour de soi. Nous nous sentons aimable, aimé, non jugé et nous pouvons alors ressentir de l’amour envers nous-même. Ainsi Amma étreint des milliers de personnes qui, par son darshan (étreinte sacrée) vive même l’espace d’un instant ce geste d’accueil qui peut les réconcilier en profondeur avec eux-même. Ce qui est le point de départ de toute transformation. Ceci est la base ; ce n’est pas pour autant  que nous allons rester constamment des enfants incapables de faire face à la réalité, complaisants et sans force.

Nous pouvons décider d’ouvrir les bras à qui nous sommes. La bienveillance a l’audace de la curiosité, elle nous familiarise avec nos expériences, nous apprend à mieux nous connaître. On se sait être trop critique, trop tranquille, trop petit chef etc. Même éprouvant ces « trop », je ne me rejette pas, j’accueille l’intensité de cette énergie fermée sans essayer d’éviter ce qui se passe. Je permets à ce qui est d’être. Ainsi s’agrandit la capacité à accueillir tout un nuancier d’états émotionnels et énergétiques. Cette douceur et cette bienveillance envers soi nous amène à prendre soin de la douleur que nous ressentons. Il est alors possible à la fois de toucher ses points sensibles et vulnérables et de rester ouvert. Cela demande du courage. En faisant face ainsi aux situations, nous découvrons que les expériences de la vie sont malléables. La bienveillance nous amène à réaliser que nous pouvons nous aimer sans réticences « même si « , même si habituellement nous mettons des conditions à cet amour. L’amitié envers soi peut être inconditionnelle. Régulièrement nous pouvons nous aider à cultiver cette ouverture et ce qu’elle enseigne, en cherchant : quelle a été et quelle est aujourd’hui ma source d’amour inconditionnelle? Puissé-je la cultiver pour le bien de tous.

Rappel : retraite de méditation du 1er au 5 mars prochain, à Ygrande.Street-Art-by-c215-in-Oslo-Norway

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. pierre penard dit :

    Me voila au cœur de ma spiritualité le démon que je suis tout un monde à moi
    à qui je crache à la gueule
    aucune courageuse bienveillance
    que de viles lamentations

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