Un bleu sabot

au clair de lune au cheval ronronnant qui cligne d’un bouton d’or s’invitent un bleu sabot un vert un rose un blanc un je ne sais quoi qui arrose la terre d’un bout d’aimant l’amour en quintessence frôle les lilas de mauve gemme et d’absolue sentence déclamée sous des rameaux de femme têtue et d’île…

Pâquerette

alors que s’emballe la pâquerette au doigt vert et frelonné du vent le soleil en fable de chou et de doux caillou te chuchote un peu de tristesse à l’oreille un buisson à tête de chien à la voracité de fleur enceint de joyaux clairs bat la démesure un scarabée gentiment posé traverse la chaussée…

L’autre moitié

le rêve muait là à cette sensation flammée et libérée sous la terre de ne pas savoir si à travers ce foyer d’ailes fantastiques et de courrier voyelles il y aurait d’autres hécatombes d’images à venir et si j’étais dedans? le rêve est sens dessus dessous il tend la main et demande à être ouvert…

Comme une image

lavant le sol lâchant les idoles le carrelage ouvert à la baie d’une chaussette pousse le ciel de l’esprit à se manifester et à ne pas s’attarder le temps fouille mes poches de cailloux affûtées ma tête s’est glissée à la portière d’un chemin à rebours et sans velours ici et là ici et là…

A nul autre pareil

après la pluie remonte un ciel de terre d’ épeires éclaboussées de nids au nez retroussé des odeurs flairent en nous le fauve animal étendu sur sa natte disloquée la veine ouverte au sang qui pleut Après la pluie les battants des volets ruissellent les remises des bois pénètrent les fronts des champs au détail…

la vie fragile

la vie fragile où voir tomber la pluie lavant les arbres de lumière laisser entrer la poussière où de longs filaments boisés en creux de matière viennent vous chercher au plein des yeux fichant des pieux de clarté au coeur des couleurs il est tendre de marcher il est doux de regarder il est bon…

Vent et contre

un guêpier de papier d’or en lieu d’exil et de naufrage et le courage d’étreindre son chagrin de pollen et de sang les battements de ton coeur livré à la flèche du vent à la discrétion d’un diamant le voilà enfin entre les branches du matin derrière la maison le pommier a bu sans soif…

Sur le ventre

sur le ventre d’un liseron ascensionné à distance un rail d’oiseaux fait sa canaille j’entends le coucou alors que le soleil pattes en l’air chauffe sur le moment des odeurs de miel et des pendeloques de fleurs blanches au toucher sensible s’éventrent à terre la terrasse de bois a des bosses de printemps et des…

O mon amie

O mon amie je sais les nuits sans soleil les jours sans troubadour et le cri du hibou au fantôme d’un banc la nuit sur les cheveux blanchis et le rêve en arête de poisson qui flanche salement O mon amie je sais les rochers en château dans le ciel et ton âme au fond…

Comme autant

à une amie comme autant de fleurs aujourd’hui quelque chose remue les poissons de ton coeur un couteau de tristesse serre très fort et le pain sur la planche du ciel attend que tu le sortes du four au bleu du jour mais tu n’arrives pas tu restes pétrifiée sous la croûte gelée où la…

Pensées

Briser les vagues d’un rivage de lumière et sentir l’espace rendre véritable la course du moineau qui chante à l’instant sous ma fenêtre embaumée de narcisses blancs de jonquilles jaunissantes aux pages du jour et puis les pensées sans clivage des orages apaisés où rien n’est plus simple qu’aimer des pensées où les ennuis sont…

Défaire

s’allonger au milieu des fleurs de douleur tout relâcher étendre les bras et défaire tout ce qui produit les jambes offertes à la paix des hirondelles au-dessus un grand bateau de nuages déplace sa coque de bois feinte le poids d’un pistil sur l’estomac je vois en toile de fond ces monts bénis où tout…