Je me retourne

Je me retourne et vois ta lumière dans laquelle je peux encore écrire comme on écrit sur le dos tagué de la nuit des clartés si belles qu’elles nous tuent – noir sous les arceaux lunaires tu te détaches comme un songe qui avance légèrement courbé – plus dur que le diamant l’amour est un…

Celui qui lance le caillou

Celui qui lance le caillou ne voit pas où il tombe ne voit pas la vacuité vacillante frémir au passage de la fleur son indicible rousseur traversée d’agonie – Celui qui lance le caillou partage un désert à vouloir plus loin ce dont il ne sait le nom – Celui qui lance le caillou sait…

la petite araignée

La petite araignée monte à l’artère du roseau et découpe le ciel à l’arrière – les oiseaux vocalisent des O très haut et très tôt – ce qui flotte dans la bière du matin est une légère amertume comme la sueur d’un ange tombé malade – tu t’éveilles au jardin à ses poussières de graminées…

Avant tout autre

entre la pierre et ses couteaux de lumière avant tout autre passe un songe de tourterelle un ange de nairobi à la tête de soleil – la douleur pourrait frotter ses cygnes de dentelles au passage d’un demain – tirer sur la corde du destin se frotter à la harpe des femmes malgré le clair…

Sur la pointe des pieds

tu entends parfois le coq de la mer courir dans ses bruyères d’eau et faire un bruit à tout casser à tout rompre de tes os – il suffisait de vouloir partir pour que se trace le chemin – sous la flanelle des nuages tu rêves liège au bouchon de tes souliers comme des voiliers…

A la fine bannière

A la fine bannière d’aujourd’hui flottent les possibles du moment – tu épluches le haricot d’un rêve pour y trouver la fève d’une raison qui te mettrait en action – il fait bon se lever mettre un pied devant l’autre et avancer au souffle d’un clair invité – un gâteau de papillons paresse au jardin…

Volière

requiem des patiences au sentier des présences voilà qu’un rêve t’enlève te ravit te rapt et s’impose – élévation des tibias dans leur capuchon de chair – tu te couches dehors à l’orbe d’un oreiller d’herbes et de jolis joncs – tu t’abandonnes à l’heureuse nature qui rature de vert le drap du matin le…

La nuit se fait chasse

sous ta peau poussent des ganglions de fleurs qui font de petits pincements au coeur – tu te sens averse et battue sous le pommeau cinglant de jours sans amour et sans pluie – serais-tu aussi entêté que l’été qui sabre l’air d’odeurs si renversantes qu’elles déclenchent un tonnerre d’applaudissements – te voilà le souffle…

Rencontre

C’est à travers les rencontres qu’on se rencontre au-delà de ce que l’on croit de soi être ou pas – rencontrer l’oiseau ou le jaillissement du hasard ou encore le moustique affamé de vaine et vraie liberté cogner sans être entendu – d’un côté de la vitre le monde ouvre ses portes à la nuit…

La machine à écrire

Un abricot juteux dans la bouche j’entame ces lignes. Quoi écrire qu’un rêve ne pousse à faire? Quel était le dernier? il n’est que le premier d’un autre à venir et s’il n’y avait pas d’avenir? resterait le cadeau d’un pas grand-chose à l’obèse des malheurs, on pourrait toujours dormir dans l’or noir d’un rêve…

Nombreuse

La vie est si nombreuse que parfois l’amour déçoit et pourtant il ne devrait pas c’est ce que l’on croit mais si on cloue ses croyances à la porte des fois où il est là alors on pourrait enlever ses souliers et les déposer sous l’arbre des beautés et recréer des instants de bougie et…

Dire non

Voilà que ce matin Cédric me dit viens voir il y a des coquelicots. Tournés vers nous, ils sont en bordure du pré voisin délimité par une barrière en fil de fer. Ils ressemblent à des visiteurs venus d’ailleurs : apparition soudaine de vieux amis qui passaient par là et se sont arrêtés au bord…