Tout a une fin à l’inachevé des histoires – il fallait donner un rythme à l’écriture en vue de rassembler un certain nombre de textes pour les publier – des pleins et des déliés finit l’été et mène vers l’automne d’un autre recueil possible – d’avril à septembre il y a eu 68 poèmes qui seront…
Auteur : Hélène Wangmo
Des pleins et des déliés
Pourquoi écrivez-vous? La question du pourquoi ne m’effleure pas ou plus même si ce genre de questions vous y ramène toujours. Je la contourne, en tous cas le pourquoi, le sous entendu psy ou autre, n’entre pas dans mes raisons d’écrire. L’écriture me traverse m’averse m’inverse depuis très longtemps. Au début il y avait sûrement…
Femmes squelettes
Tourner ses paumes vers le ciel où voir le grand écart des danseuses aux seins de lotus recevoir sur la joue l’accolade d’un fruit doux – je m’étais assoupie sous la pagode de Coré et je rêvais – il y avait des femmes et des femmes et encore des femmes très vieilles qui pleuraient des…
Crépuscule
Soyeuse et odorante la couverture des broussailles remonte sur toi la chose la plus proche qui te soit la main solitaire qui effleure et met à distance le soleil – la joie dilatée s’endormait dans ton rêve – la corporalité de la pensée voyageait dans d’animales métamorphoses la tête entre ses sabots la reine de…
Fiction d’été
Il était tard et les lignes de l’horizon laissaient partir à regret le soleil mincissant en cette fin de journée d’été. Le soleil enfonçait sa tête de quille parfaite derrière les arbres de la petite colline qui semblaient en carton découpé. Le ciel du couchant s’empourprait. Des zèbres orange et rose couraient librement sur l’asphalte…
Tête de mort
avec soi on promène sa tête de mort impossible de la dévisser impossible de la remixer juste à la rigueur la croiser au détour d’un oreiller ou au lever de grimaces que l’on fait dans la glace en se brossant les dents ses babines roses retroussées – il était temps de l’hommager de la dédommager…
Par coeur
Labyrinthe éperlé à la joue du matin le coeur laisse jouer de manière singulière les fruits de l’été sur sa traîne rouge de rubicité à rompre les glaces à faire tomber des grâces sur la terre enroulée à la coquille verte d’un escargot qui trace la brume s’éclairait des diamants de l’invisible araignée qu’on devinait…
Orage
Quelques versets d’orage se préparent sous la peau des images – les nerfs à flots du pré humide avec ses herbes de têtes brûlées capitulent sous le vent volant qui gesticule – le pied tragique d’un champignon retourné donne au ciel ses ourlets de grisaille et de temple brisé – il tonne il pleut il…
Mon amie la rose
Au creux du buisson d’épines qui bruissent un crabe de soleil lentement déplace ses pinces d’argile un frisson parcourt l’échine un cri d’oiseau traverse l’espace puis s’étiole et disparaît – le vent avait brisé la barrière – la rose déploie ses ailes rouges les ouvre au matin naissant mais la langue où traduire le chagrin…
Oreiller
Sur l’oreiller la tête devient oiseau les cheveux des plumes qui s’élèvent en rouleaux de printemps et vont vers le vent vert des rêves – les yeux roulent la chair s’animale au lever d’ongle de la lune qui tend ses dais d’argent – l’éventail de la taie ouvre des fenêtres où quitter l’assignation à domicile…
Aller loin
c’est une belle nuit de soie fine où tenir le vent entre ses doigts où les étoiles font des paniers d’émeraude à la métaphysique bleue des hommes endormis – le coeur de l’arbre où je me cogne cogne et résonne sous la plante de mes pieds fleuris – les ombres m’environnent elles ouvrent d’aromatiques robinets…
Où es-tu?
j’ai passé la main à travers La diligence du vent pour y chercher la coulée chaude et invisible du coeur la lune a souplement décroché son turban blanc je reste à contempler l’ombre très noire et très grinçante de la porte entrebâillée le jour s’évide et gît d’inexprimables intentions le fil de l’aspirateur coince et…