Il y avait bien longtemps que personne ne s’était assis à leur table avec la frêle virtuosité d’un oiseau – avec un oeil d’orange où goûter la liberté souveraine et douce des acquiescements il y avait bien longtemps que personne ne leur avait rendu la pareille – douceur d’écume d’une soupe à l’eau – un…
Catégorie : Au gré des humeurs
Contre sang
tout ce sang du soleil à mon coeur élargi éplageait sous mes pas un sol démesurément carrelé – tout ce sang du soleil de petits pois naissant disait au veilleur blanc de jadis véhéments que désormais plus rien ne s’assemblerait – j’ai jeté le vieil imperméable à la poubelle du vent – j’écoute neige sur…
Perdre son poème
Alors que je démontais le cadavre de l’arbre empesé de lumière la mécanique du jour linéaire fuyait à l’horizon – totale ouverture en tous points azurée où passait le joker des coeurs à l’oiseau dérivé – le chemin grimaçait le monde fondait restait la solitude d’un rêve – peut-être la peinture si résiliente au fond…
A Christine
Ce matin Christine n’est pas là pour offrir un verre d’eau à Patricia, selon le rituel du début des ateliers d’écriture. Le temps de s’installer, de placer les tables et les chaises, de boire un peu, de rire un coup, de sortir les outils qui raconteront les chantiers de nos existences, et voilà qu’on respire…
Icolonnes
Un décret de solitude avait poussé au mitan de ses cheveux blancs – définitivement la langue de bois quittait les lieux – le soleil brossait ses chevaux d’un plat de main toutes les écailles des étoiles flottaient sur la mer en icolonnes de sel – un seul nuage devenait l’innombrable et soufflait des pensées rondes…
A la vague souveraine
A la commissure d’une pierre posée une poussière de rose se dresse en tresse d’oiseau que le vent balance à l’eau lointaine d’un flot – voir un buisson à la brume d’une épine prendre feu et rendre l’âme en larmes de mystère combien de pas un homme fait-il à la ronde de lui-même avant de…
Sous nos pieds
au pas sensible et cadencé au moindre geste la peau humaine laisse aller des bouts de fièvre des morceaux de terre brune et disséminée à la cheminée du chemin resserré où arriver au bout sous nos pieds les morts semblent de gelée blanche novembre avance sa longue langue sous les arbres de plomb l’accueil est…
Pour guide
Ne prends pour guide qu’un vieux crâne ruisselant d’azur au bord du chemin son col d’herbes est serein sa liberté totale les feuilles des arbres juteuses de sang s’épandent au hasard nomade d’un grand vent – ne pose pas rentre la tête n’attends pas même la non attente encage tel un navet au vinaigre de…
Sans bouger
chaque jour un peu plus effacé par le jour ce qui nous reste sur les bras ou s’en va avec l’arbre déraciné est l’oiseau blessé qui à la nue s’est pendu ce qui ne cesse de s’écouler à travers la lumière prend sans saisir comme tombe un mur de sable glissant entre les cailloux durs…
Au fond de l’eau
le vent ne pouvait rien garder au fond de la pluie sans fond des possibles qui s’échappaient autant de plumes d’os et d’air à la limite de l’oiseau sitôt posé sitôt parti – le jour jetait une pincée de sel en vrac et au fond de l’eau le souvenir du feu qui se souvient qu’il fut…
Sans forme arrêtée
Entre la chaise et le mur il est un pont la ride en creux d’une ouverture en lieu de feu à la poignée d’or d’un visage que dessine un nuage le corps de la fenêtre tremble il est un pont où va la feuille qui se détache la nuit sans faire de bruit très doucement…
Les bons contes
L’autre jour dans le métro, je vois cette phrase me traverser l’esprit : les bons contes font les bons amis et je me dis il faudra que tu écrives quelque chose là dessus. Dans la rame secouée et bruyante je croise quelques synchronicités créatives que j’ai plaisir à écouter – entendre l’appel de ce qui…