Pensées

Briser les vagues d’un rivage de lumière et sentir l’espace rendre véritable la course du moineau qui chante à l’instant sous ma fenêtre embaumée de narcisses blancs de jonquilles jaunissantes aux pages du jour et puis les pensées sans clivage des orages apaisés où rien n’est plus simple qu’aimer des pensées où les ennuis sont…

Défaire

s’allonger au milieu des fleurs de douleur tout relâcher étendre les bras et défaire tout ce qui produit les jambes offertes à la paix des hirondelles au-dessus un grand bateau de nuages déplace sa coque de bois feinte le poids d’un pistil sur l’estomac je vois en toile de fond ces monts bénis où tout…

Hésiter

l’épée de la pluie vivifie ton esprit est-ce la faute du vent si aujourd’hui le chat sans maître tenu pour disparu trace un chemin qui mène derrière soi? dans ta tête à la pivoine tenace l’entropie des mouettes jette un glacis doux mais qui peut en apprécier le son sous le lit envolé? à la…

Printemps

Les mots de la nuit blanche sont ce matin un chemin de soie et de satin où faire pousser des fleurs de claire mandarine et de pochon d’étoiles la peau du jour en amour veille aux os des défunts les insectes au lavabo punis gisent sans bruit de l’autre côté du ciel qui vient à…

Solitaire

fragilité des souffles quelques pas au bord d’un puits de rares bruits sortis d’une tache la nuit noire suit sa route de pendule la lune en surface plie bagage de tes mains respirent des espaces aux matières fines de brusques scintillements qu’épie l’oiseau sous le roseau d’un courant d’air frôlent mon épaule sans forcer le…

Corps

le corps et ses paquets d’os à dos de mule le corps et ses baquets d’eau aux lueurs de tarentule le corps et ses trachées verté- brales aux confins des roues cosmiques le corps et ses apnées de vertiges océaniques le corps et ses ballets ascendants au soufflet de forge le corps et ses cheminées…

Au visage du matin

cette rose est grâce suspendue au vide de sa propre vie l’ombre s’étend devant et non derrière toi ce qui prête au flanc de l’oiseau un corps de trop un corps qui a une longueur d’avance sur la raideur des champs cette rose est grâce à l’envol d’une ondée de silence belle et simple comme…

Pluie

et ce n’est pas si important ces éternuements du passé sur la veste du temps entrouverte un oiseau s’égoutte dans la boue du printemps à tes pieds désossés et tout recommence ce ‘est pas si important ces bibliothèques de nuages qui floutent l’horizon quelques amnésies à dos d’escargot descendent du toit rouge avec la fraîcheur…

Pourquoi

pourquoi est-ce si merveilleux d’être ce sabot d’herbe que rien n’attache et qui escorte les hauts du vent aux joncs des coquilles alors que la plage est encore loin du matin où tu pourrais ne pas t’égarer pourquoi est-ce si merveilleux de s’enticher d’une pâquerette qui ne restera que le temps d’un carillon d’ailes au-dessus…

Heures volantes

un peu de soleil au bout des cheveux soustrait au ciel ses eaux de fuite la nativité du feu bleu sur bleu voit le jour d’une intensité nouvelle des yeux de l’oiseau un jet à l’adorable sonorité garde le coeur ouvert et confine les ombres au centre où danser la confiance spontanée des heures volantes…

A l’envers

vivre en solitude sans inquiétude l’espace est ouvert à tous les vents du moment tu peux choisir l’errance au masque de lune puisque les champs n’ont rien vu des sons qui produisent des images rien ne les fait se retourner sur la cravate des chemins tu peux aller loin et sortir le minotaure qui te…

Très sagement

ce que je ne peux atteindre ce qui est toujours ailleurs à peine entrevu cet insaisissable à la fraîche solitude est ce matin à mon bol la cloche claire d’une cuillère bombée de vide que je tape et fais sonner – dans les yeux du chat étonné des temples au riz d’or m’emmènent loin dehors…